l'interview

gestion interne de la collectivité - Août 2011

Regards croisés : les enjeux de la vidéoprotection

L’usage de la vidéoprotection tend à se développer : elle participe à la diminution du sentiment d’insécurité. Quelques éléments d’information sur un dispositif controversé.

Vidéoprotection - CAVAM

La loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure du 14 mars 2011, dite LOPSSI 2, a pour objectif de porter de 20 000 à 60 000 le nombre de caméras installées sur la voie publique en deux ans. En 2007, le nombre de communes ayant recours à la vidéosurveillance s’élevait à 1500, contre 800 en 2005. Le Rapport sur l’efficacité de la vidéoprotection établi par le ministère de l’Intérieur en juillet 2009 démontre que ces dispositifs sont relativement efficaces sur la prévention de la délinquance. Il en ressort également que leur rôle sur le taux d’élucidation n’est pas décisif, bien que l’usage des images enregistrées soit croissant.

Si la population semble mieux accepter les systèmes de vidéoprotection - un sondage IPSOS de 2008 indique que 71 % des Français sont favorables à la présence de caméra sur les lieux publics -, leur coût reste élevé. Marc Gricourt, maire et conseiller général de Blois constate que « les citoyens sont demandeurs, mais nous leur expliquons qu’il est impossible d’équiper toutes les rues au regard des coûts relativement prohibitifs que représente la vidéoprotection. »

La vidéoprotection est un outil pour assurer la tranquillité et la sécurité publiques. « C’est une des missions du maire », précise Luc Strehaiano, maire de Soisy-sous-Montmorency. Les expériences tendent à démontrer une diminution du sentiment d’insécurité. Néanmoins, des questions d’éthique se posent. « La vidéoprotection doit s’organiser là où la vie privée des gens ne peut être atteinte », avertit Jean-Claude Villemain, maire de Creil. Et les effets sont limités. Pour Pierre Regnault, maire de La Roche-sur-Yon, «  une caméra ne remplace pas un policier ou un agent municipal ». Pragmatique, le maire de Bourgoin-Jallieu, Alain Cottalorda, ajoute que « la vidéoprotection n’a de sens que s’il y a une veille derrière les caméras, ce qui est peu réaliste dans les petites villes ». Franck Reinier, le maire de Montélimar , y trouve un intérêt tout à fait innovant : prévenir très rapidement les pompiers en cas de malaise ou accident sur la voie publique. On le constate, l’usage de la vidéoprotection par les collectivités locales s’accroît, mais c’est un outil onéreux qui n’a de sens que s’il s’accompagne d’une présence sur le terrain.
 

Regards croisés d'élus sur la vidéoprotection
Alain Cottalorda, maire de Bourgoin-Jailleu (38)
Marc Gricourt, maire de Blois (41)
Pierre Regnault, maire de La Roche-sur-Yon (85)
Franck Reynier, maire de Montélimar (26)
Luc Stréhaiano, maire de Soisy-sous-Montmorency (95)
Claude Sturni, maire de Haguenau (67)
Jean Claude Villemain, maire de Creil (60)

en savoir plus sur les
initiatives concernées
  • - Renforcer la vidéoprotection grâce à la géolocalisation - Communauté d’agglomération de la vallée de Montmorency (CAVAM) - Ile-de-France - France
    > voir la page Initiative
  • - La vidéosurveillance à l'heure du WiFi - Villeneuve-la-Garenne - Ile-de-France - France
    > voir la page Initiative
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