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Transports, Mobilités et intermodalité

Bienvenue dans ce nouveau numéro de Territoires numériques consacré aux transports. Comment le numérique, en révolutionnant les transports, va-t-il transformer le visage des villes et les modes de vie...

Transports, Mobilités et intermodalité

Bienvenue dans ce nouveau numéro de Territoires numériques consacré aux transports. Comment le numérique, en révolutionnant les transports, va-t-il transformer le visage des villes et les modes de vie des usagers ? Pour échanger autour de ce sujet, nous avons sollicité Laurianne Rossi, députée de la 11 ème circonscription des Hauts de Seine et membre de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire.

17 novembre 2017

I- Interview de Laurianne Rossi, députée de la 11 ème circonscription des Hauts de Seine et membre de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire.

En tant que députée des Hautes de Seine, vous êtes particulièrement impliquée dans le projet du Grand Paris. Quels sont les principales innovations numériques du Grand Paris Express ?

L’idée du Grand Paris, c’est de faire une « ville monde » à l’image de San Francisco, New York ou bien d’autres villes qui se sont lancées dans des projets d’une telle envergure : on trouvera de la 4G et du WIFI sur toutes les lignes, le déploiement d’un réseau de fibre optique dans toutes les 68 nouvelles gares, une billettique innovante également, une tarification à l’usage grâce au numérique mais également des services et des usages qui correspondront aux besoins d’aujourd’hui mais aussi de demain puisqu’il faut se projeter à long terme, jusqu’en 2030.

Comment peut-on imaginer en 2017 ce que seront les transports en 2030, alors que tout va très vite ?

Oui, tout va extrêmement vite du point de vue de l’innovation et c’est tout l’enjeu justement des assises de la mobilité qui ont été lancées il y a quelques semaines avec le gouvernement pour, à la fois se pencher sur les besoins actuels de nos concitoyens. C’est une approche inédite de la politique du transport au quotidien, c’est-à-dire, partir des besoins concrets de l’usager et non plus de l’infrastructure. Mais aussi se projeter bien sûr à plus long terme et c’est tout l’enjeu notamment des débats autour des véhicules autonomes, que ce soit la voiture ou du train, de la « route intelligente », sur les innovations tout en gardant un modèle souple qui permettra d’accueillir aussi les besoins que nous n’avons pas identifiés aujourd’hui mais qui peuvent apparaître demain.

Le Grand Paris express va aussi être l’occasion de créer des données, ces fameuses data. Pour pouvoir les collecter, des data center vont être nécessaires. Il est question d’en construire un nombre important en Ile-de-France. Peut-on en espérer des retombés économiques ?

L’ambition est de créer des data center dans chaque nouvelle gare créée. Cette promesse si elle est tenue, permettra d’imaginer de nouveaux services, à la fois pour les acteurs économiques mais aussi et surtout pour les usagers. Elle permettra de mieux connecter les usagers aux infrastructures. La région Ile-de-France est déjà la 5ème dense en matière de data center. Ces derniers devraient représenter le quart des besoins énergétiques supplémentaires. Enfin, c’est également un levier pour les 3000 start-up présentes sur le territoire.

Que vous inspire ce reportage sur l’agglomération du Sicoval ?

Ce reportage est un parfait exemple de ce que l’on peut imaginer dans nos territoires en termes d’inter modalité,  dans l’attente de la livraison d’une infrastructure importante, que ce soit le métro ou le trame. La problématique peut sembler proche de celle du grand Paris Express. C’est une formidable opportunité, ce sont des infrastructures attendues mais nécessitant beaucoup de patience d’ici 2024. En attendant, les usagers ont des besoins immédiats. Il nous faut donc imaginer des solutions à court terme, nouvelles, peu couteuses mais efficaces.

On voit apparaître dans Paris, un nouveau service de scooters et de vélo en libre-service, sans borne. Est que ces innovations correspondent à une vraie stratégie couplée à une démarche environnementale ?

Aujourd’hui, près d’un français sur quatre n’a pas accès à un offre de mobilité, c’est vraiment à ces besoins là qu’il faut répondre. L’objectif est de permettre à chaque citoyen, en tout point du territoire de pouvoir en bénéficier.

Et donc à un offre d’emploi aussi ?

C’est toute notre approche de la mobilité, intégrée et multi sectorielle. La stratégie du Grand Paris intègre déjà ces modes de déplacement dits « doux », le covoiturage ou le vélo. En parallèle des assises de la mobilité, une consultation de tous nos concitoyens est en cours.

Quels sont les premiers retours que vous avez ?

Le taux de retour est d’ors et déjà très satisfaisant. Cette démarche est complétement inédite. Désormais, nous nous penchons d’abord sur les besoins des usagers et pour y parvenir, nous mettons en place une large consultation.

Quand on pense « ville du futur » ou « Smartcity », pense-t-on d’abord au bonheur des gens et pas à leur efficacité ?

C’est ce qui guide notre action : le bien-être de nos concitoyens, la qualité de leur cadre de vie, la possibilité de s’épanouir aussi bien auprès de leur famille, que dans leur travail ou dans leur action associative, culturelle, sportive. On peut aussi imaginer des déplacements moindre avec le télétravail, la télémédecine. La réduction de certains déplacements, grâce au numérique, est sans doute aussi une réponse à la saturation de nos réseaux. Notre action est guidée par ce bien-être là que nous espérons, à travers ce grand plan de transformation économique, numérique, sociétale, proposer à l’ensemble de nos concitoyens.

II – La Revue de presse

1Nous l’évoquions dans la première partie de cette émission, les JO de Paris 2024 devraient favoriser l’innovation. D’ailleurs, dans son budget prévisionnel, le Comité de candidature a prévu 428 millions d’euros pour la technologie, dont 25 dédiés à l’innovation technologique et aux nouveaux usages susceptibles d’améliorer l’expérience des spectateurs et celle des athlètes. Ces JO devraient donc mettre la French Tech en lumière.

Un appel du nom de « Smart Paris 2024 » a été lancé aux start-ups, en 2016, pour qu’elles proposent des innovations dans les domaines de la Smart city, de l’événement, de la mobilité ou encore du sport. L’appel a stimulé de nombreuses jeunes pousses et sur 200 dossiers déposés, huit ont été récompensés. Reste à surveiller de près, une fois le Comité d’organisation des Jeux constitué, en février 2018, quelles innovations verront le jour.

2On reste dans le sport, car c’était la thématique, cette année, du « Challenge International des Fablabs Solidaires » de la Fondation Orange. Le concours récompensait des solutions numériques facilitant la pratique sportive des personnes handicapées. 17 équipes de jeunes y ont participé, dans 7 pays, et la rédaction de Territoires Numériques a été particulièrement sensible au prix des internautes. Ce sont près de 27 000 internautes qui ont voté en faveur du projet du FabLab Solidaire Mamiratra de Madagascar. De jeunes malgaches, en échec scolaire, ont réussi à fabriquer une main bionique pour la pétanque, avec seulement 130 euros. ! Vous ne le saviez peut-être pas, mais la pétanque, à Madagascar, est le sport de loin le plus populaire !

3Enfin, nous terminons notre revue de presse avec Némo, la biennale internationale des Arts Numériques, qui a démarré le 4 octobre dernier. C’est parti pour 6 mois d’expositions, concerts, spectacles, conférences et autres rencontres, dans toute l’Ile-de- France. 130 événements, 190 artistes dans 50 lieux, si avec ça vous ne trouvez pas votre bonheur, je jette l’éponge… Vous avez jusqu’en mars pour en profiter.

 

Mis à jour le 17 novembre 2017

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