JT

Innovation – Mai 2016

A loccasion du Salon des Maires et des Collectivités Locales 2016, Paroles délus consacre ce nouveau numéro de Territoires Numériques à linnovation au service des territoires. Dans ce cadre...

Innovation – Mai 2016

A l'occasion du Salon des Maires et des Collectivités Locales 2016, Paroles d'élus consacre ce nouveau numéro de Territoires Numériques à l'innovation au service des territoires. Dans ce cadre nous avons eu le plaisir de recevoir Jean Rottner, maire de Mulhouse et référent du groupe de travail Numérique de l'AMF.

8 juin 2016


Territoires Numériques – Mai 2016 par parolesdelus

Le village numérique du SMCL

KiDizz : une application dédiée à la petite enfance.
KiDizz est une application qui permet aux professionnels de la petite enfance de partager des informations entre la structure d’accueil et les familles : messages et notifications (journée pédagogique, fermeture exceptionnelle), photos (activites, événements), … Seuls les parents peuvent se connecter à partir de l’application dédiée.
Les services mairies peuvent également utiliser ce système pour communiquer avec tous les établissements petite enfance de leur réseau.

Fluicity : citoyens et élus autour de projets d’amélioration de l’espace public
Fluicyty est une plateforme de mise en relation entre les citoyens et les élus au niveau local. L’enjeu est de s’appuyer sur les nouvelles technologies pour  faciliter l’échange et travailler ensemble autour d’un projet commun d’amélioration de l’espace public. Aujourd’hui,  cette plateforme permet d’informer, de répondre à des sondages et de partager des idées citoyennes. De quoi inciter les citoyens à s’engager dans l’amélioration de l’espace public.

J’achète en Ville : une solution pour redynamiser les centres villes
« jacheteenville.com » est un site web dédié au commerce de proximité. Il contribue à mettre en visibilité les commerces de proximité et à propose une vente en ligne dédiée à ce type de commerce. En tant que consommateur, avec jachetenville.com, vous allez pouvoir en quelques clics faire votre shopping dans la ville que vous souhaitez.  Vous pourrez ensuite retirer vos achats dans un commerce relais. C’est en quelque sorte le « Drive » du commerce de proximité. Une innovation qui a vocation à être la place de marché du commerce de proximité en France.

 

Interview de Jean Rottner, Maire de Mulhouse et référent du Groupe de travail Numérique de l’AMF

Nous sommes au Salon des Maires et des collectivités locales 2016 qui nous réserve cette année deux nouveautés : la présence d’un village numérique qui accueille des start-ups et la venue de deux géants du digital que sont Facebook et Microsoft. Quel est votre sentiment par rapport à ces nouveautés ?
Cela montre la dynamique positive qui est enclenchée en France. Notre pays devient au fur et à mesure des semaines et des mois une terre du numérique. Pour autant dans ce jeu entre les grands industriels et les start-ups, il faut défendre la place des collectivités. Bien sur ce sont les chefs d’entreprises, les créateurs et les start-ups qui dynamisent notre économie. Mais les collectivités ont aussi un rôle essentiel. Celui d’être là dans une fonction support pour connecter les initiatives et les fédérer au niveau de nos territoires. C’est aussi le rôle de l’AMF et des élus, chacun à sa place bien évidemment mais dans une complémentarité, à l’image de ce qui se passe au SMCL avec des grands groupes mondiaux et des start-ups que nous avons détectées, que nous sommes allés chercher et qui montent des expériences merveilleuses.

En tant que Maire, avez-vous suffisamment de relais pour repérer et aider les start-ups et les créateurs d’innovations au delà des éventuelles mises en relations avec des fonds privés ?
Oui, une ville ou une collectivité est un magnifique lieu d’expérimentation pour les start-ups. Plutôt que d’offrir un marché fantastique nous pouvons les aider en les invitant à venir sur nos territoires pour expérimenter, tester et corriger leurs solutions sur le terrain. Cela introduit une notion nouvelle pour les élus à savoir le droit à l’échec qui est quelque chose de difficile à accepter aujourd’hui encore en France. Les équipes qui entourent les élus veulent les protéger en évitant ces éventuels échecs or ce qui est important ce n’est pas de protéger l’élu mais d’expérimenter, d’aider ces entreprises et d’expliquer si besoin pourquoi parfois on a pu se tromper.

Quels sont les domaines dans lesquels les collectivités doivent le plus innover ou tout du moins être à l’écoute de ce qui se passe en matière de digital ?
Il n’y a pas de domaine particulier. Chaque collectivité a son histoire avec ses priorités. Pour certaines cela va être un territoire industriel à reconquérir. Pour d’autres ce sera un terrain rural à irriguer et à dynamiser. Je viens par exemple de quitter un maire qui a installé en plein Jura, le premier Fablab rural de France. Cela a créé toute une dynamique dans son petit village de 380 habitants dans lequel aujourd’hui sont produites des prothèses pour le CHU voisin. Grâce au numérique se créé donc un lien entre l’urbain et le rural.

On sent que vous êtes très impliqué sur ces questions. Qu’est ce que cette innovation change pour un maire comme vous ?
C’est cette innovation, cette manière différente de faire que je recherche. Pour cela il ne faut pas hésitez à aller voir ce qui se fait de mieux à l’étranger pour se confronter à de nouveaux systèmes, de nouveaux modes de pensée, parfois en avance sur nous, pour pouvoir les adapter à nos propres pratiques. Cela permet aussi de créer des liens de confiance avec d’autres villes, des organisations d’entrepreneurs et tout ceux qui sont intéressés par cette dynamique. Ensuite dans ma gestion quotidienne, j’oblige autant mes élus que mon administration à évoluer. Nous le faisons par exemple dans des cadres très particuliers comme le design public avec « la 27e région » une association très en avance sur ces sujets. Cette innovation sociale et managériale est indispensable aujourd’hui.

Est-ce que le numérique peut permettre de redistribuer réellement les cartes ?
Oui tout d’abord d’un point de vue économique. Il y a aujourd’hui des écosystèmes dynamiques autour du numérique comme celui de la French Tech ou sur ce salon. Petit à petit on évolue dans nos pratiques économiques avec la possibilité de relancer des territoires qui étaient à la peine jusqu’à présent.
Deuxièmement dans l’innovation sociale, on parle beaucoup d’innovation sociale et solidaire. Je crois que ces innovations sociales sont importantes car elles influent sur la manière d’enseigner, de former, de créer une économie de la culture. Cela change les pratiques et dans ce cadre ce sont surtout les usages qu’il faut mettre en avant.
Et dernier élément relatif lui à cette nouvelle forme de citoyenneté exprimée aujourd’hui par le besoin de participer, de co-construire, d’être à côté du politique. Pas forcément dans la responsabilité politique mais dans l’expression citoyenne grâce aux outils numériques qui permettent de s’exprimer comme on veut et quand on le veut. Il y a là une forme de construction nouvelle qui est en train de se créer.

Alors que l’on parle beaucoup de restrictions budgétaires pour les collectivités, pensez-vous que le numérique peut aider à l’optimisation des budgets ?
Le numérique peut en premier lieu aider à mieux faire comprendre les contraintes budgétaires d’un collectivité. Dans ma ville, j’ai par exemple ouvert une commission extra-municipale en charge des finances. Depuis deux ans, une trentaine de citoyens suit toute l’évolution du budget de la collectivité. Cela est possible parce que nous nous sommes mis, grâce au numérique, dans un nouvel état d’esprit, dans une configuration différente et transparente.
Le numérique induit aussi des économies dans le fonctionnement. Dans ma commune, j’ai numérisé le conseil municipal, la facturation, le courrier, les signatures électroniques. C’est sur le temps et grâce au numérique que petit à petit les frais de fonctionnement diminuent. Il faut donc expliquer à la fois aux agents et à la population qu’en investissant sur ces innovations aujourd’hui, nous gagnerons demain.
Le numérique, c’est aussi la ville de demain. On l’appelle « Ville intelligente », moi je préfère parler de « Ville des intelligences » car c’est à la fois de la technologie et de l’humain. Sur l’éclairage public ou la gestion des déchets, le numérique peut nous faire gagner à condition que nous soyons à la fois expérimentateurs, promoteurs, investisseurs et finalement accélérateur de ces innovations françaises pour les villes.

 

Prix de l’innovation du SMCL 2016 : A la découverte de Facil’iti, Lauréat 2015/2016 dans la catégorie « social »

Facil’iti : une solution d’accessibilité numérique
Nous avons créé et développé Facil’iti , une solution d’accessibilité numérique. Intégré à tout type de site en ligne (du site public à l’intranet par exemple) cette solution le rend accessible aux personnes handicapées et aux séniors avec des adaptations sur mesures.

En fonction de l’utilisateur, Facil’iti modifie l’aspect visuel ou la navigation du site pour le rendre accessible à des personnes atteintes de problèmes moteurs ou malvoyantes, ou encore celles qui ont des problèmes cognitifs tels que la dyslexie. On a actuellement une centaine de sites qui sont équipés dont certains du gouvernement mais aussi des villes, des CHU, des universités et puis beaucoup d’institutionnels. Grâce à Facil’iti, les sites s’adaptent automatiquement au visiteur en fonction de son ou ses besoins ce qui est unique en matière de web et d’accessibilité sur mesure. Avec Facil’iti, les internautes bénéficient de  75% de confort en plus en matière de navigation sur internet et 8 personnes sur 10 se déclarent entièrement satisfaites par la solution.

Qu’apporte le Prix de l’innovation ?
Ce Prix est en premier lieu une reconnaissance de notre action et savoir-faire et nous offre une visibilité auprès de toutes les collectivités. Cela nous permet aussi de faire de belles rencontres. Nous avons ainsi pu venir récupérer notre Prix au Sénat avec notre député. Cet événement favorise les contacts avec des personnalités politiques influenteset ainsi de nous faire connaître aussi au niveau des grandes régions, des grandes villes. C’est vraiment déterminant pour nous. Et surtout, c’est un beau coup de pouce pour une entreprise comme la nôtre qui a développé depuis 4 ans des solutions innovantes et qui vient tout juste de se lancer sur ce marché.

Mis à jour le 8 juin 2016

Commentaires