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Financement participatif – Février 2016

Financement participatif – Février 2016

2 mars 2016


Territoires Numériques – Février 2016 par parolesdelus

Paroles d’Elus s’intéresse ce mois-ci au financement participatif et à son utilisation par les collectivités. Aujourd’hui elles sont de plus en plus nombreuses à s’intéresser à ce nouveau mode de financement qui peut aussi bien être utilisé pour financer en tout ou partie leurs projets ou servir de levier de développement économique dans les territoires. Pour approfondir le sujet nous avons invité André Jaunay, Vice-Président de Financement Participatif France l’association qui réunit tous les acteurs de cette nouvelles industrie née grâce au numérique.

I-L’INTERVIEW d’André Jaunay, Vice-Président de Financement Participatif France

Qu’est-ce que Financement Participatif France ?

Financement Participatif France est l’association française qui regroupe les principales plate-forme de “crowdfunding” ou finance participative. Elle promeut cette activité nouvelle dans notre pays depuis 3 ans en regroupant tous les acteurs concernés. Elle travaille principalement sur la réglementation dans un contexte en forte évolution. On peut noter d’ailleurs que notre pays a été extrêmement réactif et audacieux par rapport à cette nécessité d’évolution en partenariat avec les professionnels et avec Financement Participatif France. Nous effectuons un travail de communication, d’animation et aussi de déontologie à l’égard des plateformes pour qu’elles respectent un certain nombre de principes afin que le public soit à la fois éclairé et à l’aise avec cette nouvelle activité.

On vient de le voir,  il y a des collectivités qui créent des plateformes de crowdfunding. Quel est l’intérêt qu’une collectivité ait sa propre plateforme ?

Je suis un peu ambivalent par rapport à ces initiatives. Je pense qu’il est très souhaitable et très heureux qu’une collectivité s’empare du sujet parce que c’est un sujet extrêmement important pour la dynamisation des territoires. Dans votre reportage c’est le conseil départemental qui se saisit, prend conscience des enjeux du sujet et considère que c’est un atout pour son développement de favoriser l’appropriation par l’ensemble des habitants du département. Ça c’est un point très positif. Le petit doute que je pourrais exprimer c’est par rapport au fait que finalement il y a déjà sur le marché un grand nombre de plateformes. Si un territoire créé sa propre plateforme, il risque de se limiter à une cible très particulière. Il ne pourra pas balayer tout le spectre des projets. Quand l’offre du marché est suffisante je ne crois pas qu’il soit absolument nécessaire que les collectivités ajoutent des outils qui vont coûter de l’argent public et qui finalement ne vont pas forcément apporter un plus si ce n’est effectivement dans cette période d’initiation, l’appropriation à l’échelle du département qui peut se défendre.

Quel est le cadre législatif qui existe aujourd’hui notamment pour les collectivités territoriales ?

Pour les collectivités locales, il y a un décret du 14 décembre 2015 qui leur permet d’être elles-mêmes en position de collecte sans avoir à passer par une régie ou par une association. Le législateur considère que la collectivité va pouvoir elle-même mobiliser des particuliers pour financer de manière volontaire des projets sociaux, culturels, etc.

N’importe quel projet pourrait être l’objet de financement participatif ?

C’est plutôt des projets sociaux, éducatifs, culturels… Ce ne sont pas des projets économiques mais des projets d’intérêt public.

Si une collectivité décidait de lancer un projet comment devrait-elle s’y prendre ?

Je crois que la principale responsabilité de la collectivité n’est pas d’aller chercher de l’argent pour tel ou tel projet. Je pense qu’il y a une responsabilité encore plus grande pour les collectivités qui est celle de développer l’appropriation de la finance participative par les habitants. C’est à dire que les territoires soient vraiment des territoires ou il devienne facile et naturel d’aller chercher l’épargne des habitants et où les porteurs de projet se sentent à l’aise par rapport à cette situation. Dans ce cas là, la collectivité locale peut avoir un rôle d’animatrice. C’est ce qu’a très bien fait d’ailleurs le département de la Corrèze avec une opération qui a démarré en juin dernier. Ce dernier a décidé de baser son développement économique, culturel, social, etc. en partie sur la finance participative, l’objectif étant de mobiliser l’ensemble des acteurs, de mobiliser les corrèziens pour que l’épargne locale aille vers les projets. Ce mécanisme a permis de faire apparaître beaucoup plus de projets que ceux qui existaient auparavant. On observe déjà des choses intéressantes sur le territoire. On sait que cela va être beaucoup plus important dans quelques années donc les professionnels, les institutions doivent s’en préoccuper. On doit former et sensibiliser les épargnants. On doit aussi accompagner nos startups parce qu’on a de très belles startups dans le participatif. Malheureusement, elles sont concurrencées par des mastodontes américains. Il y a un intérêt national extrêmement important derrière tout cela. C’est aussi une industrie nouvelle.

Et il faut donc accélérer et s’en emparer ?

Oui et surtout à l’échelle locale parce que les personnes qui engagent leur épargne le font souvent par rapport à des projets qui sont en proximité, quelque fois avec un patriotisme local. Il y a des ressorts locaux extrêmement importants. La mondialisation n’efface pas les territoires au contraire, comme le montre Laurent Davezies, les territoires sont de plus en plus responsables, de plus en plus en concurrence. Les responsables politiques et les animateurs de développement économique qui prendront en compte tous ces nouveaux leviers qui vont être encore plus puissants dans quelques années, ont des chances que leur territoire réussissent mieux que les territoires qui n’auront pas eu cette prise de conscience.

 

II – LA REVUE DE PRESSE :

1 / Appel à candidature Réseaux Thématiques French Tech.

Le Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique lance un nouvel Appel à candidature pour le label French Tech. Le but : regrouper les entreprises d’un même secteur, par zones, pour constituer des réseaux thématiques. Tous les territoires disposant d’un écosystème de startups favorable, en France, peuvent manifester leur intérêt et devenir membres d’un de ces réseaux. Vous avez jusqu’au 11 avril pour proposer un projet piloté par les entrepreneurs, et visant à accélérer la croissance internationale des startups locales du secteur.

Les thématiques pressenties sont entre autres : l’agriculture, le sport, la santé, le tourisme, l’éducation, les finances,…

Pour le moment, ce sont 13 métropoles qui avaient été labellisées French Tech, elles seront donc bientôt rejointes par des réseaux thématiques plus larges.

 

2 / Un FabLab à Ris-Orangis

Le projet dont je vais vous parler maintenant alimentera peut-être la French Tech de demain. L’association Planète Sciences, à Ris-Orangis, vient d’inaugurer le Plascilab, le premier Fablab de l’Essonne, en partenariat avec la ville, la région, différents ministères et le groupe Safran.

Ce sont 300m2 dédiés à la science numérique avec, tout au long de l’année, des animations pour les jeunes, mais aussi des formations dans le domaine du numérique, de la robotique, des drones, de l’environnement ou encore le domaine spatial et de l’astronomie.

Enfants, adultes, experts, amateurs, entrepreneurs… tous sont les bienvenus, avec un projet précis ou non. L’espace est conçu pour aider à concevoir tous les projets créatifs dans un esprit collaboratif et convivial.

Une équipe de Fab-managers est là pour initier à l’utilisation d’outils modernes tels que les imprimantes 3D, les découpeuses laser, fraiseuses… Et les plus expérimentés aident les débutants : c’est la philosophie FabLab !

 

3 / Enfin, le projet Bretagne Très Haut Débit s’est concrétisé, fin janvier, avec la signature d’un accord entre le Syndicat mixte Mégalis Bretagne et Orange THD Bretagne.

Grâce à cet accord, ce sont plus d’un million de foyers, d’entreprises et de services publics qui vont pouvoir bénéficier d’un accès fibre optique, sur les 15 prochaines années.

Dès la fin 2016, de nombreux foyers pourront surfer à toute vitesse avec la fibre, dans les villes de tailles moyennes comme Auray, Lamballe ou Redon.

 

Mis à jour le 2 mars 2016

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