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E-éducation – octobre 2016

E-éducation – octobre 2016

2 novembre 2016


Territoires Numériques – Octobre 2016 par parolesdelus

I – Interview de Mathieu Jeandron, Directeur du numérique pour l’éducation au Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche

Quel bilan tirez-vous de la rentrée scolaire 2016 ?

Cette rentrée est un peu particulière puisqu’on peut voir les premiers fruits du plan collège numérique. C’est donc aussi l’occasion de faire un premier bilan du respect des engagements. L’équipement en tablettes a par exemple été déployé pour les élèves de 5ème dans 28% des collèges. Du côté de la formation les enseignants du 2nd degré ont pu bénéficier de trois jours de formation sur le numérique dans le courant de l’année 2016.
Par ailleurs, un certain nombre de ressources numériques sont désormais disponibles à l’échelle nationale, pour l’ensemble des professeurs du CM1 à la 3ème. Ils peuvent ainsi s’appuyer sur ces nouveaux outils pour concevoir et donner leurs cours. Ces ressources numériques sont aujourd’hui au cœur de la transformation pédagogique.
Nous sommes dans une logique de cycle. En ce sens, nous avons trois ans pour continuer le déploiement du plan collège numérique.

A l’instar du Lycée Sylvia Monfort, le numérique est de plus en plus présent également dans les lycées, qu’en pensez-vous ?

Nous voyons avec l’exemple de ce lycée, tout ce que peut apporter le numérique. Les élèves interagissent avec les enseignants, ils sont dans une logique de co-construction. Cultiver l’esprit d’innovation et du “faire ensemble” sont des compétences indispensables pour leurs vies professionnelles futures. Le numérique permet d’appréhender une culture différente et d’apprendre d’une autre manière.

Le numérique n’est-il pas devenu une cause d’inégalité géographique ? Quelles sont les mesures qui sont prises pour aider les collectivités ?

Aujourd’hui la couverture n’est pas complète et les établissements ne sont pas encore tous équipés au même niveau. Néanmoins, près de 98% des départements sont engagés dans un plan d’équipement numérique pour leurs collèges. Chacun va à son rythme selon des enjeux financiers mais aussi d’appropriation ou de transition technologique. Les collectivités ont conçu leur calendrier de déploiement en fonction de leur niveau de préparation.

En revanche, nous avons effectivement un déficit sur les territoires ruraux. Nous ajustons notre aide en fonction de la réalité.

2016, est une année d’installation du plan et nous pouvons en tirer divers enseignements et mieux cibler les différentes difficultés, comme celles liées par exemple au débit internet. Les nouveaux équipements numériques vont progressivement venir remplacer un certain nombre d’équipements pré-existants. En effet, à partir du moment où tous les élèves ont une tablette, des questions se posent. Faut-il maintenir le même niveau d’investissement dans des laboratoires de langue ou dans des salles informatiques ? Si la réponse semble a priori négative, cela ne veut pas forcément dire qu’il faudra tout supprimer à court terme. C’est l’occasion de mieux mutualiser l’usage de ces salles et finalement de déplacer un investissement vers un autre plutôt que dire “toujours plus”.

En prenant un peu de hauteur, nous pouvons trouver des moyens pour économiser d’un côté afin de pouvoir maintenir l’investissement actuel et investir dans d’autres équipements.

Est-ce que l’arrivée du numérique en cette rentrée 2016 redessine les relations entre les collectivités, les établissements scolaires et les familles ?

Dans les prochaines années, les collectivités vont très certainement apparaître comme des plateformes d’ouverture et de dialogue autour desquelles tout va s’organiser. L’ensemble des services liés à l’éducation et au parascolaire ; les transports, la cantine, l’accès à la culture, s’articuleront autour de cette plateforme. Et l’école de demain ? On voit le développement du e-learning ou de l’apprentissage par correspondance. Est-ce que l’éducation nationale y pense et jusqu’où cela peut-il aller ? L’école reste un lien social extrêmement fort. Je suis donc un peu perplexe à l’idée que l’enseignement pourrait évoluer vers plus de mi-temps ou de e-learning.

En revanche, je crois davantage à l’organisation de quelque chose de plus continu entre les niveaux, voir même au-delà avec de la formation tout au long de la vie. Cette évolution semble inéluctable et le numérique peut nous y aider.

 

II – La Revue de Presse

1 / Le projet de loi Montagne qui « réactualise » la loi fondatrice de 1985 a été adopté, à la quasi-unanimité, à l’Assemblée Nationale, le 18 octobre dernier.

Le nouveau texte comprend des mesures pour mieux protéger et loger les saisonniers, faciliter l’accès à l’école et surtout améliorer l’accès au numérique des 10 millions de montagnards. La loi prévoit également de favoriser le déploiement du télétravail avec la création de télé centres.
La couverture des « zones blanches » en montagne sera prioritaire et les stations de téléphonie mobile, construites dans ces zones, à partir de janvier 2017, ne seront pas imposées.

2 / L’association Opendata France a remis à Axelle Lemaire et Estelle Grelier, un rapport sur les dispositifs d’accompagnement des collectivités locales, à l’ouverture des données publiques.

Après que la Loi pour une République Numérique ait été promulguée le 7 octobre dernier, le rapport salue les 10 000 jeux de données publiés par les collectivités pionnières, mais il soulève la difficulté à généraliser la démarche, notamment pour les communes de petite taille.
Il évoque la nécessité de former agents territoriaux et élus afin de diffuser une véritable culture de la donnée. L’association propose enfin d’organiser un dialogue avec les collectivités pour définir un « socle commun de données », à ouvrir en priorité comme les budgets, les résultats électoraux, les plans locaux d’urbanisme (PLU), les données de transports, etc…
Le déploiement des initiatives devrait passer par des expérimentations dans une dizaine de territoires pilotes dès 2017.

3 / Les plus gros câbles de fibre optique d’Europe sont arrivés à Marseille.

Depuis quelques mois, 13 câbles sous-marins, sur les 263 qui existent dans le monde, relient Marseille à l’Afrique, au Moyen-Orient et même à l’Asie. Marseille devient ainsi un carrefour mondial de l’interconnexion capable d’héberger par exemple, du trading haute-fréquence pour Singapour.
Plusieurs hébergeurs de centres de données se sont installés dans la cité phocéenne qui d’une ville de transit, devient une ville de contenus, capable de fabriquer des données et plus seulement de les transmettre. Les incubateurs de start-up se multiplient, dans le public comme dans le privé, pour le plus grand plaisir de toute la population.

Mis à jour le 2 novembre 2016

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