Initiatives

Vers une rentrée numérique ?

Alors que le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, a présenté mardi dernier, lors d’une conférence de presse, les principales nouveautés de la rentrée, arrêtons nous sur la place donnée au numérique.

Développer le numérique

Ce sont près de 12,8 millions d’élèves et environ 884 000 enseignants qui se retrouvent aujourd’hui pour une nouvelle année scolaire. Et comme chaque rentrée, l’annonce des changements est très attendue. Dans un dossier de 75 pages, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale, a précisé les priorités et les choix pris pour améliorer notre système scolaire. Car rappelons le, si les rentrées se suivent et se ressemblent un peu trop parfois, l’Education Nationale se doit de rester agile et d’améliorer sans cesse les conditions d’accueil et d’apprentissage de nos enfants.

En ce sens, le ministre n’a pas manqué de rappeler qu’il était personnellement “persuadé que les réponses d’avenir naîtront du terrain, inspirées par ceux qui cherchent quotidiennement des solutions pour faire progresser les élèves, notamment les plus fragiles.”

Mais quid des outils et ressources numériques? Si aucun mot n’a été dit sur la poursuite du Plan Collège numérique, il a été souligné qu’ils sont “aujourd’hui un puissant vecteur d’innovation. Ils renouvellent les supports pédagogiques, enrichissent les manières de travailler et apportent également de nouveaux services pédagogiques permettant de répondre aux besoins de différenciation et d’individualisation des parcours et des activités.”

Par ailleurs, le communiqué de presse indique que “des outils numériques innovants, adaptés au dédoublement des classes de CP et au programme “Devoirs faits”, seront développés à partir de la rentrée et mis à la disposition des professeurs et des élèves.”

Une nouvelle évaluation des compétences numériques des élèves

C’est peut-être du côté de l’évaluation que des changements seront visibles. Pour le ministère, la maîtrise des compétences numériques des élèves “doit être régulièrement évaluée par les équipes pédagogiques.” Aussi, pour permettre aux enseignants de suivre l’acquisition des compétences numériques de leurs élèves, l’ancien B2i (brevet informatique Internet) sera remplacé par une évaluation régulière. Concrètement, les compétences numériques développé par les élèves figureront désormais dans les livrets scolaires à l’école et au collège et dans les bulletins au lycée.

Enfin, les établissements scolaires délivreront aux élèves du cycle 4 des collèges et du cycle terminal des lycées une certification du niveau de maîtrise des compétences numériques. Pour se faire, une nouvelle plateforme “mise en œuvre par le Gip Pix, permettra de passer ces certifications.”

Le livret scolaire unique (LSU) maintenu

Numérique encore avec le livret scolaire unique. Généralisé progressivement depuis novembre 2016. Le ministre souhaite garder cet outil pour que l’élève, constitue “pendant sa scolarité à l’école élémentaire et au collège, l’ensemble des éléments fondamentaux du parcours scolaire, du CP à la 3ème, c’est-à-dire à la fois bilans périodiques, bilans de fin de cycle et attestations officielles.” Il constitue un cadre uniforme et partagé pour toute la durée de la scolarité obligatoire, prenant en compte “la globalité de la formation de l’élève au sein de son établissement scolaire et garantit ainsi la continuité du suivi des acquis des élèves quel que soit leur parcours (changement d’établissement ou d’académie, passage du public au privé, etc.)”

Le numérique au service d’une école inclusive

Enfin, le ministre voit dans les outils numériques, un moyen adapté pour faciliter l’inclusion des élèves en situation de handicap, notamment parce qu’ils permettent de répondre aux besoins éducatifs particuliers. Aussi, il a été rappelé lors de la conférence que “le ministère de l’Éducation Nationale soutient, en étroite concertation avec le secrétariat d’État chargé des Personnes handicapées, le développement de nombreuses ressources numériques adaptées, accessibles aux élèves à besoins spécifiques et couvrant les différents champs du handicap.”
Pour appuyer ses propos, le ministre a mis en avant différentes expérimentations en cours, parmis lesquelles ClisTab2 “étudie l’intérêt du numérique pour les élèves porteurs d’autisme”. Le cartable connecté s’attache quant-à-lui à faciliter le suivi de la scolarisation des élèves hospitalisés. OrDYSlexie est un autre projet expérimenté par l’éducation nationale, qui vise à améliorer le quotidien des élèves porteurs de DYS (dyslexie, dyscalculie, dysgraphie, dysorthographie, trouble des habilités manuelles, dysphasie, dysgnosie, etc.) en les rendant plus autonomes. Enfin, grâce au site de formation à distance, M@gistère2, les enseignants non spécialisés à l’accueil de ces élèves dans leurs classes peuvent également se former.

Si aucun nouveau plan numérique n’a été annoncé lors de cette rentrée, on notera que le ministère de l’éducation nationale souhaite avant tout promouvoir la culture de l’innovation et de l’expérimentation. La session 2018 des Journées nationales de l’innovation devrait ainsi par exemple, mettre à l’honneur des innovations favorisant notamment l’apprentissage de l’autonomie et le travail personnel de l’élève ou encore la transition entre le lycée et l’enseignement supérieur. L’ensemble du dossier de presse est disponible en cliquant ici.

Mis à jour le 4 septembre 2017

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