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“Smart City versus Stupid Village?”, le guide intelligent

Convaincues que le concept de « smart city » ne doit pas être exclusivement réservé aux métropoles, l’Apvf, l’Adcf et la Caisse des Dépôts ont publié en septembre dernier une étude consacrée aux opportunités du numérique pour les petites villes (de 8 000 à 25 000 habitants) et leurs intercommunalités.

Beaucoup de décideurs publics méconnaissent les solutions numériques

Près de 64 EPCI et une vingtaine de villes ont contribué à cette étude. Imaginé comme un guide méthodologique à destination des élus, cet ouvrage nous éclaire sur les facteurs, et les obstacles, de la modernisation et de l’innovation. Il met notamment en avant les “évolutions législatives et réglementaires qui constituent un véritable levier pour la modernisation de l’action publique territoriale”.
Tout l’intérêt de ce guide est d’avoir identifié précisément les freins actuels, aidant ainsi à mieux les contourner.

Premier enseignement à tirer, pour 80% des petites villes, le numérique représente une priorité. C’est une opportunité pouvant permettre d’optimiser et de rationaliser la gestion des services (35 % des collectivités interrogées), mais aussi pour renforcer l’attractivité du territoire (pour 31 % des collectivités interrogées).
Pourtant, il ressort que beaucoup d’élus méconnaissent les solutions numériques. Ainsi, “seulement 65 % des villes et 53 % des EPCI estiment connaître les solutions” ou les services numériques répondant à leurs domaines prioritaires.

Des solutions aussi opérationnelles dans les petites villes et les EPCI

Que l’on soit un EPCI ou une ville, les priorités ne sont bien évidemment pas les mêmes. Traitement des déchets et amélioration de la mobilité pour les uns, éclairage public et environnement pour les autres; tout dépend de ses compétences et de ses domaines d’actions.
L’étude est donc composée de huit chapitres: service public de l’eau, environnement et prévention des risques,voirie et stationnement, efficacité énergétique des bâtiments, etc… les thématiques sont variées et sont toutes accompagnées d’illustrations et d’expériences concrètes.
Ainsi, on peut découvrir que l’agglomération lyonnaise a installé près de 6000 capteurs sur les 2000 kilomètres de canalisation de son réseau d’eau. Cet exemple est d’autant plus pertinent que certaine EPCI ruraux s’étendent sur des périmètres très vastes. Grâce à cet investissement, 1 million de m3 sont économisés par an, soit 500 000 euros. Après déduction du coût des investissements, l’économie réalisée représente 140 000 euros  par an, sans compter les bénéfices environnementaux majeurs…
Autre exemple, l’usage d’un système de conteneurs munis de puces électroniques permettant d’identifier les usagers, a permis à Besançon de réduire de 22 % le tonnage des ordures ménagères du centre-ville en à peine 5 ans.
Enfin, avec un investissement relativement modique de l’ordre de 10 000€, la ville de Saint-Amand-Montrond (10000 habitants) dans le Cher a installé des capteurs sur des emplacements de parkings stratégiques devant des commerces du centre ville. Grâce à cela, la municipalité a pu réduire efficacement le phénomène des voitures dites “ventouses”.

Les limites actuelles

Outre une méconnaissance des solutions numériques, “Smart City versus Stupid Village” permet d’identifier l’ensemble des limites actuelles. Ainsi, il ressort de cette étude que l’absence de visibilité sur le rapport coût-bénéfice des solutions, ralentit fortement les initiatives numériques. En effet, avec une capacité d’investissement globalement limitée, les incertitudes liées au retour sur investissement freinent les petites collectivités.
Autre raison souvent évoquée sur Paroles d’élus, les collectivités avouent souffrir d’un déficit en termes de structures et de compétences sur le numérique. Difficile pour bon nombre d’entre elles d’attirer et de garder les talents dont elles auraient besoin.
La complexité des offres, la peur de se retrouver face à un niveau de compatibilité technologique trop faible (l’étude met en avant certains exemples), la crainte d’une obsolescence rapide, la résistance au changement des usagers, viennent compléter le tableau des limites invoquées par les élus.
Pour retrouver le guide “Smart City versus Stupid Village?”, cliquez ici.

Mis à jour le 2 décembre 2016

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