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Qui seront les « territoires d’innovation de grande ambition » ?

En ce début d’année 2018, le Premier Ministre Édouard Philippe a annoncé la liste des lauréats de l’Appel à Manifestation d’Intérêts. Pour obtenir ce nouveau « label » tant convoité, les territoires doivent batailler dur. Tour d’horizon des candidatures présélectionnées.

Un « TIGA », qu’est-ce que c’est ?

En France, on aime les acronymes. En voici un nouveau que l’on risque de revoir souvent : TIGA. Il désigne les « Territoires d’Innovation de Grande Ambition » qui ont été retenus dans le cadre du programme d’investissements d’avenir (PIA) lancé en mars dernier par le Commissariat général à l’investissement (CGI).  Sur les 117 dossiers déposés, preuve de la vitalité de nos territoires, 24 ont été présélectionnés. Le dénominateur commun de tous ces dossiers est d’avoir proposé des projets  de « transformation ambitieux, destiné à améliorer la qualité de vie des habitants », le tout en contribuant à la transition écologique.

Quels sont les enjeux pour les territoires présélectionnés ?

Pour les présélectionnés, tout l’intérêt est maintenant de pouvoir compter sur l’accompagnement de l’État pour améliorer leurs dossiers. En effet, ces 24 lauréats bénéficieront dès 2018 « d’un accompagnement et d’un appui financier en ingénierie de développement de projet pouvant aller jusqu’à 400 000 € ». Grâce à ce soutien financier, ils pourront affiner leur projet de territoire.

Mais c’est bien une place dans le dernier cercle que les collectivités visent. Il faut dire qu’avec un programme d’investissements d’avenir dotée de 450 M€ sur 10 ans, dont 150 M€ de subventions et 300 M€ de fonds propres, l’accompagnement des projets in fine est très qualitatif et les quelques places sont très convoitées.

Après cette première étape, comment se passe la suite de la sélection ?

Suite à un appel à manifestations d’intérêt (AMI) lancé dans un premier temps afin « de valider l’intérêt des territoires pour cette démarche », ces 24 lauréats ont donc été sélectionnés par un comité d’experts indépendant. C’est Pierre Veltz, économiste et sociologue qui préside cette dernière.
En décembre 2017, celui qui était aussi directeur de l’Ecole des ponts et de l’Etablissement public de Paris Saclay, s’était vu remettre par Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, le Grand Prix de l’Urbanisme. Le ministre l’avait alors présenté comme un grand défenseur des villes, des métropoles et du Grand Paris. En effet depuis 2008, Pierre Veltz dirige le cluster du plateau de Saclay, devenu deux ans plus tard l’Établissement public d’aménagement Paris-Saclay.

Dans un second temps, mi 2018,  un appel à projets sera ouvert aux 24 lauréats de l’AMI. Ce dernier doit permettre de sélectionner les « territoires d’innovation les plus structurés, ambitieux et prometteurs en termes d’impact et de reproductibilité dans un horizon de temps maîtrisé ». 

Les projets soumis devront être portés « par des consortiums qui associent les collectivités territoriales ou établissements publics compétents, des entreprises – grandes et petites – et des acteurs de la recherche. »

Le résultat final est, lui, attendu au printemps 2019. A terme, dix projets seront définitivement retenus.

Qui sont les 24 lauréats ?

Parmi les 24 lauréats, on trouve par exemple Bordeaux. D’ici 30 ans, elle souhaite être la première métropole à énergie positive. Pour y arriver, elle mise sur différents axes d’actions comme par exemple la production massive d’énergies renouvelables et locales.

Mulhouse Alsace agglomération fait également partie des projets retenus dans le cadre de l’AMI. La collectivité se positionner comme un territoire leader dans l’expérimentation de solutions exemplaires et reproductibles, notamment dans le domaine agricole.

Grenoble-Alpes métropole souhaite quant-à-elle répondre aux défis posés par la congestion des villes, la pollution et le changement climatique. Son projet, baptisé GREAT s’appuie sur l’économie du partage pour développer des innovations d’usage en lien avec les citoyens.

Autre exemple, avec son projet« Handicap Innovation Territoire», Lorient Agglomération a pour ambition de faire du handicap, un levier d’innovation sociale, technique et économique pour le territoire. Elle mise notamment le développement de nouvelles solutions liées aux technologies numériques.

 L’établissement public territorial de Plaine Commune porte lui le projet « Pour une urbanité numérique du droit à la ville ». Son objectif est de définir et expérimenter des innovations inclusives.

Dans le domaine de la mobilité enfin, deux territoires ont montré leur dynamisme. La Métropole Rouen Normandie et Rennes Métropole visent « mobilité intelligente » basée sur le multimodale et le 100% décarboné. Optimisation des infrastructures existantes, fluidification des mobilités grâce au numérique, ou encore développement d’une mobilité selon des besoins spécifiques sont au programme.

L’ensemble des lauréats est à retrouver ici.

Mis à jour le 15 janvier 2018

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