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Pour garantir le maintien à domicile, l’Isère expérimente IsèreADOM

En novembre dernier, le département de l’Isère a lancé la phase de test d’IsèreADOM. Pendant deux ans, ce dispositif devrait permettre d’offrir des alternatives aux maisons de retraite en garantissant un maintien à domicile sécurisant. Pour y parvenir, le département compte sur le numérique bien sûr mais surtout sur des services humains mieux coordonnés.

Des besoins de plus en plus préoccupants

Les chiffres sont éloquents : les plus de 85 ans seront 3 fois plus nombreux à l’horizon 2030. Parallèlement, les personnes porteuses d’une pathologie chronique plus ou moins invalidante devraient être 20 millions en 2020 contre 17 millions en 2014. Or, comme le soulignait dès 2011, le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie dans un rapport intitulé “Assurance maladie et perte d’autonomie”, ce ne sera bien évidemment pas sans conséquence pour les comptes de l’assurance maladie.  Pour garantir un équilibre, il est impératif de trouver un système de soins qui “tant dans ses composantes curatives que de prévention, peut contribuer à prévenir la perte d’autonomie.” Pour se faire, il faut que l’organisation territoriale favorise “la coopération interprofessionnelle et interinstitutionnelle, et qui inscrive le soin dans une logique de santé globale, l’acte curatif et l’acte technique étant intégrés à une démarche incluant les aspects préventifs et sociaux.”

logo-isereadom-webMieux accompagner l’autonomie des personnes âgées

Pour anticiper au mieux les conséquences concrètes de ce phénomène, l’Isère a mis en place un consortium baptisé IsèreADOM. L’objectif du département est d’améliorer les conditions d’accompagnement de l’autonomie : « Une dépense d’aide à l’autonomie (par exemple, une dépense d’APA effectuée par un conseil général) améliorera d’autant mieux la qualité de vie de la personne âgée, et atteindra l’optimum en termes d’euros publics dépensés, si elle intervient en continuité du parcours soignant.“

Un volet numérique

Cette expérimentation consiste à mettre en place de nouvelles formes d’organisation du système de soins en installant dans les foyers des personnes âgées des technologies numériques et d’avoir à disposition une aide humaine mieux coordonnée. Concrètement chaque foyer test sera équipé d’une tablette. Les professionnels intervenant à domicile pourront communiquer entre eux. Des objets connectés permettront également d’alerter sur l’état de santé de la personne, en cas par exemple de baisse de l’activité ou s’ils notent des changements dans les habitudes de vie. Parmi les services proposés, les personnes pourront également bénéficier d’un Coaching téléphonique, pour les encourager et améliorer leur bien-être

Une expérimentation pour un déploiement à grande échelle

Différents panels composés respectivement d’usagers ayant chuté au moins deux fois dans l’année, d’usagers ayant un traitement pour insuffisances cardiaques, à domicile et enfin d’usagers ayant un traitement en oncologie, à domicile permettront d’évaluer l’impact du dispositif. Ce projet est le fruit d’un long travail de concertation en amont. Dix-huit mois ont en effet été nécessaire pour rédiger près d’une centaine de modes opératoires et les outils d’accompagnement au changement.
IsèreADOM a “fait l’objet d’un marché public, qui au terme d’un dialogue compétitif commencé en septembre 2013”, a sélectionné un groupement d’industriel composé d’IMA, Altran et Orange.

 

Pour les élus, IsèreADOM doit être un démonstrateur préalable à un déploiement à grande échelle. Il a en effet pour ambition la validation d’une alternative au placement en maisons de retraite en travaillant sur la prévention de la perte d’autonomie et en améliorant la prise en charge à domicile des personnes dépendantes ou porteuses de maladies chroniques.

Mis à jour le 5 janvier 2018

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