Initiatives

Pour doper ses ventes en magasin, la librairie Mollat investit le web

La semaine dernière, Procos publiait un palmarès des villes les plus dynamiques de France, permettant ainsi de découvrir celles dont le commerce de centre-ville résiste le mieux à Amazon et autres plateformes de vente en ligne. A Bordeaux, la libraire Mollat fait partie de ces libraires qui voient dans le numérique l’occasion de doper leurs ventes en magasin. Explications.

Une véritable institution bordelaise pionnière sur…Internet

Pour les bordelais, Mollat est une véritable institution. Il faut dire qu’à plus de 120 ans, plusieurs générations y sont allées. Située en plein cœur de Bordeaux, cette librairie propose aux amoureux de la lecture plus de 2700 m2 de rayons. Comme la plupart des enseignes commerçantes de centres-villes, elle est confrontée à une concurrence accrue des sites de ventes en ligne. Pourtant, Denis Mollat, qui dirige cette PME familiale voit dans le numérique une occasion d’améliorer ses ventes en misant sur du contenu de qualité. Sa stratégie est claire et efficace : en créant un webzine culturel avec du contenu premium, il alimente parallèlement sa base de données marketing qui lui permet de fidéliser un public beaucoup plus large. Il faut dire que Mollat, bien que farouche défenseur des ouvrages papiers a toujours eu un penchant pour le numérique. En effet, la librairie possède un site internet dès 2001 et figure ainsi comme l’une des toutes premières enseignes à le faire. Si le but de ce site n’était pas de vendre en ligne, on pouvait néanmoins y découvrir des contenus littéraires et des recommandations de lecture. Comme le raconte le propriétaire, avant de devoir affronter Amazon, Mollat a dû résister à une forte concurrence de la Fnac dès 1985 et de Virgin qui en 1990 s’était installée à moins de 200 mètres.

Un nouvel espace pour du contenu web premium

Ce contenu culturel de qualité, Mollat l’organise dans un nouveau lieu, créé à quelques mètres des rayonnages de la librairie. Baptisé Station Ausone, du nom d’un poète latin de la capitale girondine, il se déploie sur deux plateaux de 450 mètres carrés d’un ancien garage. On apprend dans les colonnes des Echos, que le propriétaire avait acheté cet endroit il y a une dizaine d’années sans savoir vraiment quoi en faire. Finalement, après quelques soucis juridiques pour rendre l’accès plus facile, Denis Mollat décide de tout miser sur le numérique en créant des contenus de qualité grâce à des évènements premium. Comme le rapporte le quotidien, pour le propriétaire, cette décision est devenu rapidement une évidence :  » Nous aurions pu ouvrir des surfaces de vente supplémentaires mais nous disposons déjà de 10.000 m2 « . Ce nouveau lieu, dont l’accès est entièrement gratuit, accueille chaque mois des dizaines d’auteurs ainsi que des concerts et des cinéastes. Rien que pour le mois de février, 22 évènements sont programmés. Chaque rencontre est filmée et disponible sur le web.

La valeur des data

Grâce à ce contenu, Mollat peut enrichir une base de données. En effet, si le contenu est accessible gratuitement, il faut néanmoins d’abord se procurer la carte Mollat. Cette dernière est délivrée contre une adresse e-mail et quelques questions. La librairie est donc gagnante sur deux plans: non seulement, elle dope ses ventes à chaque intervention mais elle peut proposer du contenu ciblé. L’an dernier, elle a réalisé près de 4 % de son chiffre d’affaires grâce à Internet.

Véritable ennemi pour les uns, chance pour les autres. Internet n’est en tout cas pas le privilège de certains grands groupes. L’exemple de Mollat en atteste et permet de contribuer, 120 ans après sa création au dynamisme du centre de Bordeaux.

Mis à jour le 7 février 2017

Commentaires