Initiatives

La French Fab en mode conquérante !

Après le succès de la French Tech et de la French Touch, la French Fab aura-t-elle le même destin ? Dernière-née, elle s’est lancée officiellement dans le grand bain de l’international à l’occasion de la Foire d’Hanovre, le plus grand salon de la technologie industrielle au monde. Sa mission ? Assurer la promotion de l’industrie française à l’internationale.

Un nouvel étendard

Le 2 octobre dernier, Bruno Lemaire lançait officiellement un nouveau programme d’accompagnement de l’industrie française, baptisée French Lab. A l’image de son ainée la French Tech, qui a permis de fédérer une génération de talents et d’en faire la promotion aux quatre coins du globe, la French Fab doit permettre de démontrer la richesse de notre écosystème industriel, et d’accélérer l’innovation grâce à l’entrée de nouveaux capitaux. Pour le ministre de l’Economie et des Finances, il est aujourd’hui indispensable que cette « initiative publique puisse regrouper l’ensemble des PME, ETI et grands groupes industriels. Ce réseau permettra d’attirer les talents, d’accélère la dynamique de croissance du secteur et surtout…de jouer collectif ».

La French Fab c’est donc tout à la fois, une vitrine des savoir-faire industriels, traditionnels comme de pointe,  une bannière pour conquérir de nouveaux marchés à l’international et une « démarche d’attractivité pour attirer les talents et les capitaux ».

A la barre, Bpi France et les Régions

Charge a été confiée à Bpifrance, la Banque publique d’investissement de fédérer, grâce aux concours des régions, les entreprises du territoire.  Lors du lancement de la French Fab, Bruno Le Maire a annoncé que le nombre d’entreprises accompagnées par la BPI serait doublé d’ici 2022. Comme le soulignait Fanny Letier, directrice exécutive chez Bpifrance dans le magazine Entreprendre, la Bpi est là pour « transformer des PME en ETI et des ETI en champions mondiaux ». Ce sont donc près de 4000 entreprises qui pourront profiter de l’accompagnement de la Bpi via ses accélérateurs. Ces derniers offrent des programmes de développement allant de 18 à 24 mois. Si le nombre d’entreprises aidés peut paraître important, voir même ambitieux au premier abord, il est à comparer à nos voisins européens. En France, on recense en effet 5600 ETI. En Allemagne, près du double.

Pour transformer et rendre plus performantes nos entreprises, les accélérateurs de la Bpi mise sur l’intégration des nouvelles technologies dans le processus de décisions et de fabrication. Dans la « mallette à outils », les entreprises pourront compter sur l’impression 3D, l’intelligence artificielle, la robotique ou encore un meilleur usage des data.

L’objectif annoncé par le ministre ne serait pas réaliste sans l’implication des régions. En plus des accélérateurs nationaux par filières industrielles, plusieurs régions ont lancé leurs propres accélérateurs, grâce au soutien de Bpifrance. C’est le cas par exemple depuis l’an dernier pour les Pays de la Loire et la Nouvelle Aquitaine. Autres exemples, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé le mois dernier un plan de 120 millions d’euros pour soutenir la modernisation de son industrie.

Des exemples de réussite

Vouloir dresser une liste exhaustive des réussites industrielles françaises serait perdu d’avance. La France n’a en effet pas à rougir dans le domaine. En parallèle de champions nationaux dans des secteurs à fortes valeurs ajoutées comme l’aéronautique, l’aérospatiale, le nucléaire ou plus largement l’électronique, notre pays peut aussi être fier de ses PME et ETI.

A l’ouest de l’hexagone par exemple, à Vannes plus précisément, Socomore, une PME de 27 personnes, a su s’implanter à l’international grâce à son savoir-faire dans la préparation de surface et de revêtements spéciaux. Suffisamment agile pour s’adapter à des commandes ultra spécialisées, elle consacre une part non négligeable de ses bénéfices à l’innovation. Aujourd’hui, elle est présente aussi bien en Europe, qu’en Amérique du nord et du sud ou qu’en Asie à travers. Elle possède quatre usines dont une seule en France.

Autre exemple en Moselle où l’export est une des clés du succès de l’activité de Gris découpage. Spécialisée dans la fabrication de pièces de fixation et composants mécaniques en grandes séries, principalement pour le secteur de l’automobile, elle travaille aujourd’hui pour des marques comme Daimler-Mercedes ou BMW. Plus fort encore, Gris découpage a réussi à prendre des part de marché à ses concurrents allemands.

Plus au Sud dans le Var, à La Seyne-sur-mer, la société CNIM est autre belle illustration de ce dynamisme. De sa première activité comme chantier naval à la fin du 19e siècle, il ne reste pas grand-chose, sauf peut-être l’envie d’aller conquérir le monde. Aujourd’hui, l’entreprise mise sur le génie thermique et réalise près de 70 % de son chiffre d’affaires, soit environ  800 millions d’euros à l’export. Pour arriver à ce résultat,

Elle a pu mettre en avant le savoir-faire acquis lors de la construction en 2012, d’une centrale solaire thermodynamique à Llo, dans les Pyrénées. Cette vitrine a permis de démontrer les atouts de sa technologie.

 

Mis à jour le 2 mai 2018

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