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FIRIP : un colloque et un guide pour aider les collectivités dans leurs projets de smart territoires

Rendez-vous était donné mardi 22 mai à la Direction de l’information légale et administrative (DILA) pour un colloque consacré aux Smart Territoires. La FIRIP, était à la barre de ce temps fort à destination des collectivités et a profité de l’occasion pour promouvoir un nouveau guide. Retour sur cet évènement.

Smart territoires, simple gadgets ?

La FIRIP rassemble plus de 200 entreprises et industriels du secteur de la fibre optique. Partenaires industriels des collectivités locales en matière d’aménagement numérique, ils souhaitaient via ce colloque et ce guide proposer « aux élus et aux DGS une méthode permettant de construire un projet de Smart Territoire ».

Autour de la première table ronde, intitulée « Promesses et enjeux des smarts cities », étaient rassemblés plusieurs intervenants experts dans ce domaine. Julie de Brux, fondatrice du cabinet Citizing est ainsi revenue sur l’étude « L’évaluation socio-économique appliquée à la ville intelligente à travers cinq études de cas », menée pour le compte de la caisse des dépôts à l’automne 2017. L’intérêt d’une telle étude ? Etre capable de mesurer un retour sur investissement qui ne soit pas seulement financier. En effet, dans la mesure où les projets publics de ce type touchent de nombreux acteurs , que ce soit les habitants, touristes, services publiques, entreprises, les coûts et les bénéfices sont aussi de nature économique, social, sociétal, environnemental et doivent pouvoir être pris en compte. Citizing a donc cherché, à travers 5 cas  concrets à mesurer ce qu’elle appelle, la « Valeur Actualisée Nette Socio-économique », c’est-à-dire, « la création de valeur collective créée par le projet, nette de ses coûts, sur l’ensemble de la durée de vie du projet, ramenée à une valeur actuelle ».

 Un des exemples les plus parlants est sans doute celui de Strasbourg. La collectivité a mis en place un observatoire du stationnement qui regroupe l’ensemble des données liées au stationnement. Concrètement, il permet à la collectivité d’être plus efficace notamment dans les contrôles. Cette démarche a eu pour conséquences plusieurs effets positifs. Tout d’abord, les strasbourgeois sont devenus plus vigilants à acquitter leur droit de stationnement. Parallèlement, ce système a eu des conséquences vertueuses avec notamment une utilisation moins systématique de la voiture, une amélioration du temps passé pour trouver des places et donc plus globalement une émission moindre de CO2. Ainsi, pour un investissement initial de 350 000€, Citizing a pu calculer que Strasbourg gagnait près de 5,9 M d’euros de Valeur Actualisée Nette Socio-économique.

Quel avenir pour la CivicTech ?

L’ancien député de la 1re circonscription de Maine-et-Loire, Luc Belot, est quant à lui intervenu sur les questions liées à l’implication des citoyens. S’il se dit plutôt sceptique sur le développement de la civictech, les premiers retours d’expériences montrant un taux de participation encore plus faible que lorsque les collectivités utilisaient les canaux plus traditionnel, il est convaincu que ces dernières doivent néanmoins s’inspirer de ce qui se passe dans d’autres pays. En Asie par exemple, certaines villes interrogent leurs concitoyens via des écrans interactifs positionnés dans les transports en commun.

Pour lui, il est important de passer d’une logique de maitrise d’ouvrage à celle de maitrise d’usage. Aujourd’hui, la réalité nous montre que ceux qui décident sont ceux qui ont accès à l’usager via leur smartphone. Et de citer l’exemple d’une ville où une rue a pu être identifiée par les élus comme nécessitant une pacification en raison d’infrastructure particulière. A l’inverse, une application comme Waze peut recommander de passer au contraire par cette même rue, tout simplement parce que la logique n’est pas la même. Autre exemple, Luc Belot s’est interrogé sur le risque lié au renouvellement d’un contrat de 15 ans pour le velib’ alors même que certaines entreprises sont capables aujourd’hui, grâce aux smartphones, de déployer en quelques jours 10 000 vélos en total libre-service.

Une aide précieuse pour construire son Smart Territoire

Cette matinée d’échanges autour des enjeux des smart territoires était aussi l’occasion pour la FIRIP d’officialiser le lancement de son guide. Baptisé sobrement « Construire son Smart Territoire », il est principalement conçu, comme a pu le souligner Jean Delmouly, délégué général adjoint de la FIRIP, comme un guide pratique pour les petites et moyennes collectivités. On y trouve en effet les clés du succès de la gestion de projet dans ce domaine. Mettant en préambule l’accent sur les déclencheurs possibles d’une telle démarche, ce guide accompagnera les collectivités dans chaque étape de la mise en route de ce projet, depuis le calcul d’un retour sur investissement, à la manière de fédérer les acteurs, en passant par l’accompagnement des habitants et même des propositions de clauses pour rester maître de ses données.

Pour Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre en charge du numérique, sous le patronage du quel était placé le colloque : « ce guide est un appui remarquable pour que ces innovations puissent profiter à tous, aux habitants, aux collectivités, et aux villes quelle que soit leur taille, grandes ou petites, et que chacun puisse profiter sur l’ensemble des territoires de nouveaux services en matière de mobilité, d’écologie ou de santé, que permet la révolution numérique ».

Ce guide est le fruit d’un travail de plus d’un an et a mobilisé un groupe de travail de 26 personnes. Ces dernières ont analysé le cas de quinze collectivités, d’échelon différents, croisé les données de nombreuses études sur le sujet et auditer des experts et des élus. Vous pouvez télécharger le guide directement sur ce lien et retrouvez plus d’information sur la FIRIP en cliquant ici.

Mis à jour le 23 mai 2018

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