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Aménagement numérique du territoire

La France est bel et bien entrée dans l’ère numérique. Mais n’a pas encore atteint la mue vers une société à 100 % connectée. La course s’accélère pourtant vers une couverture de la totalité du territoire en haut débit. Objectif : 2022.

Les auteurs de science-fiction les plus imaginatifs n’auront pas perçu à quel point, en vingt ans à peine, la généralisation du web et des technologies numériques auront changé la vie quotidienne. Un exemple, pour le plus ludique. Ces images de chasseurs de Pokémon, le nez collé sur le mobile, dont la presse s’est fait des gorges chaudes, à l’été 2016 : aucun film d’anticipation ne les avait mises en scène… Les polémiques à cette occasion n’ont pas masqué un point d’accord. Jamais un jeu n’aurait remporté un tel succès sans une couverture efficace du territoire en Internet mobile.

La France est bel et bien entrée dans l’ère numérique. Mais n’a pas encore atteint la mue vers une société à 100 % connectée. La course s’accélère pourtant vers une couverture de la totalité du territoire en haut débit. Objectif : 2022.
Pour les entreprises de téléphonie et les fournisseurs d’accès à Internet, étendre les possibilités de connexion pour les usagers et améliorer les réseaux existants représentent un impératif économique. Tant pour les usages personnels que les pratiques professionnelles, la demande se fait toujours plus pressante, toujours plus exigeante. Les pouvoirs publics l’ont bien compris. Au premier chef, les collectivités, qui s’investissent depuis plus d’une décennie dans les réseaux d’initiative publique et qui facilitent par ailleurs la transformation des réseaux existants. Les collectivités ont les premières ressenti le besoin de mettre en œuvre un relais national des efforts publics et privés.
L’État joue ce rôle, au travers différents plans d’impulsion nationale, délivre des subventions et coordonne les différentes initiatives.

Au sommaire de notre dossier :
Le THD, une ambition nationale : stratégie de déploiement
Les différentes solutions technologiques pour une même ambition
Les acteurs de l’aménagement du territoire : rôles et obligations
Conclusion
Glossaire

On le voit, les acteurs de cette révolution numérique sont divers. Et les technologies multiples, même si la fibre optique reste la panacée en termes de puissance de débit. Les caractéristiques du territoire français, dont de larges zones sont peu densément peuplées, posent aussi la question du retour sur investissement des opérateurs et de la place de la puissance publique dans cette opération d’aménagement de grande ampleur. De quoi mériter quelques mises en perspective et des explications pédagogiques.

 

Le THD, une ambition nationale : stratégie de déploiement

Etat des lieux

25 % du territoire équipé en très haut débit. C’était la situation de la France en 2013, au moment de l’annonce du dernier plan national en date, le Plan France Très haut débit (FTHD). 25 %, soit l’éligibilité de 8,9 millions de logements sur les quelques 34 millions que compte le pays à des offres de débit supérieures ou égales à 30 Mbits/s. Les dernières données délivrées par l’Arcep, arrêtées au 30 juin 2016, annoncent près du double – 15,1 millions de logements – sont désormais éligibles au THD. La France apparaît par ailleurs comme particulièrement connectée. 83 % des Français utilisent Internet, contre 75 % des Européens !

La France est aussi, selon une récente étude de l’Organisation des Nations-Unies, la championne d’Europe de l’e-gouvernement, plus particulièrement sur trois critères : les services en ligne proposés par l’administration, les infrastructures de télécommunications, et le niveau d’éducation des habitants. Et au niveau mondial, elle occupe la quatrième place du classement.

Dernier indice : la France est le pays qui compte le plus de bornes Wi-Fi au monde ! Avec plus de 13 millions de bornes publiques, elle dépasse de loin les Etats-Unis (9,58 millions de bornes – chiffres communiqués par le cabinet spécialisé Maravedis Rethink). Le mouvement ne s’arrêtera pas là : la France devrait accroître son parc de 80 % d’ici à 2018.

Pour visualiser les avancés du Très Haut Débit sur votre territoire, France THD a mis en place un observatoire. Pour consulter la carte interactive, cliquez ici

Vers du THD pour tous

« Un accès à Internet performant à l’ensemble des logements, des entreprises et des administrations. » C’est ainsi que le Plan France Très Haut Débit (PFTHD) définit son objectif final, fixé à . Dans différentes prises de parole publiques, la secrétaire d’Etat chargée du Numérique et de l’innovation, Axelle Lemaire présente la France comme le « premier pays connecté d’Europe » d’ici 2021. L’étape fixée par le gouvernement – 50 % de la population connectée en THD en 2017 – sera atteinte à la fin de l’année 2016, avec un an d’avance.

L’option empruntée par le gouvernement, dans le droit fil des plans nationaux successifs de ces vingt dernières années, privilégie la fibre optique. Néanmoins, sur de nombreux points du territoire, un mix technologique est mis en œuvre pour atteindre l’objectif de 2022.

Parce que là réside l’ambition des pouvoirs publics : le THD partout, pour tous, dans un délai de moins de dix ans ! Le 100 % fibre chez l’habitant, tout de suite est un « fantasme », martèle Antoine Darodes, Directeur de l’Agence numérique. Qui rappelle, à titre de comparaison, qu’un siècle s’est écoulé entre les premiers raccordements au téléphone et la couverture totale du territoire.

Interview d’Antoine Darodes, Directeur de l’Agence numérique


Dossier Aménagement du territoire : Interview d… par parolesdelus

 

Différentes solutions technologiques pour une même ambition

Sur le plan technique, on considère qu’une connexion se fait à très haut débit lorsque ce dernier atteint 30 mégabits par seconde (Mbits/s). Tous les plans d’envergure nationale ont mis l’accent sur une technologie, en y concentrant les financements publics : la fibre optique. Néanmoins, la géographie française et ses zones plus ou moins densément peuplées compliquent la tâche d’un aménagement total du territoire. Le plan France THD repose donc sur un mix technologiques. Tour d’horizon.

La Fibre optique

Le brin de fibre optique, fin comme un cheveu, se loge dans un tube de verre ou de plastique et transporte les données IP à la vitesse de la lumière. Cette vitesse de transmission est le premier atout de cette technologie : aujourd’hui, allant de 100 Mbit/s au Gigabit/s, elle multiplie les performances de l’ADSL classique par 10. Dans le futur, des débits allant jusqu’à plusieurs Térabits par seconde sont envisageables. Autre avantage incomparable : avec la fibre, la déperdition de débit est inexistante ou presque, qui constitue le principal défaut des connexions via le cuivre ou le câble coaxial.

L’usager n’en ressent pleinement les bénéfices que s’il est raccordé par la fibre optique « de bout en bout », jusqu’à son domicile. Cette formule est désignée sous l’acronyme anglophone FTTH pour « fiber to the home ».

Dans ce cas, les délais disparaissent, pour envoyer des pièces jointes importantes, pour télécharger musique ou film. Et on conserve une qualité de réception même en regardant sur plusieurs postes, en même temps, la télévision en haute définition.

Mais relier tous les logements du pays nécessite la construction d’infrastructures coûteuses, en raison de la connectique, des travaux d’enfouissement, etc. Ce qui rend son développement particulièrement onéreux dans les territoires à la géographie tourmentée.

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Reportage à la Chapelle Anthenaise (Mayenne)

Reportage Aménagement du territoire… par parolesdelus

Fibre VS Câble

Développé à l’origine, grâce à de lourds investissements publics, en alternative au réseau hertzien, le câble coaxial permet un débit inférieur aux performances de la fibre mais supérieur à celle des câbles de cuivre des lignes téléphoniques. Aujourd’hui, seul ou presque l’opérateur SFR-Numéricable propose cette solution et l’exploite à son bénéfice personnel. Les seules offres aux consommateurs émanent de lui, à la différence de la fibre, technologie ouverte à tous les opérateurs. A l’heure actuelle, ce réseau n’est en outre développé que dans les grandes agglomérations et les villes moyennes.

 

La Montée en débit

Amener plus rapidement du très haut débit dans les foyers et avec un investissement moindre : c’est le principe de la montée en débit. Sur le plan technique, elle consiste à apporter au cœur des agglomérations la fibre et sa vitesse de connexion, en remplaçant donc les réseaux historiques par des fibres optiques. La fin du parcours, d’un nœud de raccordement à la prise dans les habitations, se fait sur le réseau cuivre via la technologie VDSL, version supérieure de l’ADSL, et dont les débits peuvent atteindre 15 à 50 mégabits par seconde.

Sur les territoires les moins denses, l’intérêt de la montée en débit apparaît particulièrement. Mais nombreux sont les élus à s’interroger sur la pertinence d’investissements qu’il faudrait remettre sur la table, au-delà de l’horizon de 2022, pour parvenir à terme au FTTH pour tous. La réponse à cette problématique est à chercher en définissant les besoins immédiats et à long terme des administrés de chacun. En gardant à l’esprit que l’équipement en fibre des réseaux de gros permet déjà un saut qualitatif impressionnant pour l’usager final.

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Reportage à Dévoluy (Hautes Alpes)

Dossier Aménagement du territoire : La montée… par parolesdelus

 

Les réseaux mobiles : 4G, 4G+ et bientôt la 5G

Le très haut débit passe aussi par le mobile ! Les habitudes des consommateurs et l’évolution des usages (réalité augmentée, gestion à distance des habitations, etc.) encouragent ce mouvement.

Les connexions passent alors via les ondes du réseau , captées par les appareils mobiles, tablettes ou téléphones. La technologie est connue des usagers et très évolutive : en quelques années, au réseau 2G se sont additionnées la 3G, la 4G et bientôt la 5G.

Sur la 4G, le déploiement est désormais largement engagé. En juillet 2015, Orange couvrait, avec son propre réseau 4G, 76 % de la population, Bouygues Telecom 72 %, Free Mobile 52 %, et, enfin, SFR, 39 %*. L’autorité de régulation des télécoms, l’Arcep, impose aux opérateurs un niveau de couverture. Sur le territoire métropolitain, il doit atteindre un taux de 75 % en 2023 et de 98 % en 2024.

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La 4G fixe

C’est le même réseau que pour le mobile mais pour une utilisation en fixe : grâce à une box internet spécialement conçue, la 4G s’invite dans les foyers. Pour les parties moins denses du territoires, les distances sont telles que la perte de débit est irrémédiable, la solution dispose de nombreux atouts.

La fédération des Réseaux d’initiative publique (RIP) plaide pour que des bandes de fréquence spécifiques soient dédiées à cet usage fixe.

 

Le satellite

A l’instar de la 4G, le satellite représente une solution simple et rapide à mettre en œuvre pour des territoires peu ou mal couverts. Mais qui reste méconnue : les élus, et la population dans son ensemble, ne perçoivent pas les activités de fournisseurs d’accès Internet des entreprises satellitaires, dont l’image reste associée à la télévision. Pourtant, à l’image d’une autre technologie fondée sur les ondes radio, le WIMAX, le satellite fait partie du mix pour parvenir à la couverture totale du territoire. Les zones peu denses ou rurales représentent 17 millions de lignes à connecter en très haut débit. Sur ces dernières, 200 000 sont prévues avec des technologies « radio ». Ses promoteurs assurent que le coût n’est pas à la mesure de celui de la fibre. Trois satellites, dispensant une couverture pour 800 000 à 1 million de foyers à 30 Mbits/s, coûteraient ainsi un milliard, selon Eutelsat, l’un des géants du secteur .

 Du point de vue du consommateur, les frais d’achat et d’installation de la parabole sont à prendre en compte, en sachant que certaines collectivités, toute comme la mission Très haut débit, prennent en charge une partie de la facture.

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Reportage à Fouesnant (Finistère)

Dossier Aménagement du territoire : L’Internet… par parolesdelus

capture-decran-2016-10-28-a-12-39-48L’internet par satellite d’Orange,

interview de Christophe Outier, Nordnet

 

 

Les acteurs de l’aménagement du territoire : rôles et obligations

L’Europe et l’État

Faciliter les investissements nécessaires pour équiper le territoire en très haut débit tout en respectant les règles de la libre-concurrence : c’est le cadre posé par l’Union européenne. En raison du caractère stratégique du déploiement du THD, Bruxelles considère qu’il faut miser sur la complémentarité des investissements publics et privés. Selon les endroits, les possibilités laissées à la puissance publique d’intervenir diffèrent.  

Pour évaluer la légalité des aides publiques, la Commission européenne a défini trois types de zones d’intervention :

Le cadre légal européen se matérialise, pour le texte le plus récent, dans une directive de 2014. Avec toujours le même mandat: favoriser l’extension du réseau en en optimisant le coût. Le texte a été transposé en droit français au moyen d’une ordonnance d’avril 2016.

 

Le plan initié en France est inédit dans l’Union, par son ampleur et son ambition.  

Le chef d’orchestre de ce plan ? L’Agence pour le numérique. Elle porte, au premier chef, le soutien financier de l’Etat. Les 3,3 milliards mis sur la table sont accordés avec des niveaux d’aide différents selon les territoires, pour s’assurer que les réseaux se développent au même rythme dans les territoires urbains et ruraux.

Elle constitue aussi un guichet unique d’information, notamment pour les collectivités et accompagne ces dernières dans leurs initiatives.

Le plan délimite aussi les prérogatives et obligations de chacun, dans le respect du zonage établi par les autorités européennes :

  • sur un territoire représentant 57 % de la population, les opérateurs s’engagent à déployer des réseaux privés mutualisés de très haut débit dans le cadre de conventions signées avec l’Etat et les collectivités concernées ;
  • sur le reste du territoire, les collectivités territoriales sont nécessairement conduites à créer des réseaux d’initiative publique ouverts à tous les opérateurs, ce qui implique des investissements de très grande ampleur avec le soutien technique et financier de l’Etat. L’action des collectivités territoriales concerne 45 % de la population. Ces réseaux publics sont financés par des subventions publiques, dont 3,3 milliards de l’Etat, et autant au moins de la part des pouvoirs locaux et des investissements privés, qui devraient représenter 13 à 14 milliards.

Au total, ce sont plus de 20 milliards, en 10 ans, dont la charge est répartie entre ces trois acteurs, qui seront mobilisés. Les sommes en jeu ébranlent les sceptiques, notamment les élus ruraux, longtemps échaudés par les plans successifs qui ne noircissaient pas jusqu’ici totalement la carte de France. La marque d’une « volonté partagé par tous », souligne John Billard, vice-président de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). Qui apprécie : « On n’a jamais mis autant d’argent pour y arriver. »

 

Les collectivités locales et les élus

 Interview de John Billard, Vice-Président de l’AMRF

Dossier Aménagement du territoire : Interview… par parolesdelus

Au même titre que pour les autres infrastructures de réseaux, comme l’eau et l’assainissement, par exemple, les élus sont en première ligne sur le très haut débit. En jeu : le développement économique de leurs territoires. Pour les intercommunalités rurales, rappelle John Billard de l’Association des maires ruraux de France, le THD représente « vraiment la priorité sur le plan économique ».

Relais des attentes de leurs concitoyens, les élus mettent aussi en œuvre les compétences qui reviennent aux collectivités en la matière.

En 2004, alors que le législateur confiait des pans de plus en plus importants de la puissance publique aux collectivités locales, avec l’Acte II de la décentralisation, il se penchait par ailleurs sur la société numérique. Dans ce texte fondateur, la loi pour la confiance en l’économie numérique, les collectivités trouvaient une place de choix puisqu’il leur permettait d’établir et d’exploiter les réseaux de télécommunications. Un mouvement renforcé encore depuis, au fil des textes.

Les collectivités peuvent se constituer en un « syndicat mixte ouvert » ou SMO, réunissant communes et communautés, ainsi que, souvent, le département. « C’est au niveau régional ou départemental que sont portés la plupart des projets »,  précise Antoine Darodes. Au-delà des investissements publics locaux, les syndicats mixtes pilotent aussi la relation avec les opérateurs et fournisseurs d’accès. Et s’investissent dans la commercialisation du très haut débit. « Quand le maire se mobilise, l’adhésion de la population est plus importante », constate le patron de l’Agence du numérique.

L’application Signal Réseau pour signaler les dysfonctionnements et suivre les interventions

Associer les collectivités à la connaissance de l’état du réseau de téléphonie fixe : c’est l’objectif de l’outil lancé à l’automne 2015 par Orange, sobrement dénommé « Signal Réseaux ». L’application propose une interface cartographique sécurisée, grâce à laquelle les élus et les agents des collectivités peuvent alerter l’opérateur sur la localisation des câbles et poteaux endommagés. Elle permet aussi de suivre la résolution de l’incident, notamment d’en connaître les délais. Sur les 500 millions investis par Orange jusqu’en 2018 sur le réseau en cuivre, 100 seront consacrés à la « maintenance préventive ».

 

Les opérateurs et FAI privé et public

Interview Cyril Luneau, Directeur des Relations avec les Collectivités Locales Groupe – Orange

Dossier Aménagement du territoire : Interview… par parolesdelus

A l’un et l’autre bout de la chaîne, les opérateurs, privés ou publics dans le cas des RIP, déploient le réseau – on parle de déploiement horizontal, dans les rues des villes et des villages – et les fournisseurs d’accès internet nationaux ou locaux vendent à l’usager, entreprise ou particulier, une connexion au très haut débit. Acteurs incontournables, donc, dont certains développent les deux activités – les quatre principaux opérateurs téléphoniques (Orange, SFR-Numéricable, Bouygues Telecom et Free).

Pour le consommateur, un principe de base est à retenir, celui de la neutralité technologique. Quel que soit le propriétaire de l’infrastructure amenant le très haut débit jusqu’au point de mutualisation, n’importe quel FAI doit pouvoir ouvrir pour lui une connexion à grande vitesse.

Dans le cas des immeubles, pour assurer le déploiement vertical, le principe est le même. En plus, la réglementation permet à différents opérateurs de co-investir pour diviser les coûts.

Aujourd’hui, Orange occupe la place de champion du FTTH, la fibre jusqu’au domicile de l’usager, avec un million d’accès à la fibre ouverts, loin devant son premier concurrent, SFR-Numéricable, qui fournirait de la fibre à 250 000 clients, selon une récente enquête de La Tribune [lien : http://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/internet-la-bataille-du-tres-haut-debit-pour-tous-582620.html]. En revanche, cet opérateur est le principal pourvoyeur de très haut débit via le câble et revendique ainsi 1,8 million de clients en THD.

En juin 2016, l’entreprise lance son programme « Orange Territoires connectés », en promettant l’amélioration du réseau internet fixe pour un million de foyers ruraux en un an et pour 2,5 millions de foyers d’ici fin 2019 dans les zones rurales ainsi que la couverture en 4G de 5 millions d’habitants supplémentaires d’ici un an dans les zones rurales.

DSP, PPP, MPT : des formules pour les RIP

Pour équiper les territoires des zones blanches ou grises, les collectivités sont autorisées par la loi à former des « réseaux d’initiative publique » ou RIP. Elles ont la forme juridique d’un syndicat mixte et passent des marchés publics pour confier à un acteur privé l’aménagement des réseaux jusqu’à sa commercialisation. Les types de marchés publics sont classiques : délégation de service public sous la forme de concession, marché public de travaux suivi d’un contrat d’affermage ou encore un contrat de partenariat (PPP). Comme pour tout appel d’offres, l’intérêt de telle ou telle formule est dépendant des spécificités locales.

 

Les propriétaires / Syndic de copropriétés / Bailleurs sociaux …

La législation prévoit d’obliger les constructeurs à équiper en fibre les bâtiments neufs (professionnels et d’habitation). Cela concerne ceux pour lesquels une demande de permis de construire a été déposée à compter du 1er avril 2012.

Une attention particulière est portée aux propriétés des bailleurs sociaux. Avec plus de 4,6 millions de logements en France, le parc social, levier sur lequel les pouvoirs publics ont une latitude, constitue un potentiel d’accélération de l’équipement des foyers considérable pour atteindre l’objectif fixé par le plan.

En partenariat avec l’ARCEP et en concertation avec les collectivités territoriales, les bailleurs sociaux et les opérateurs, la Mission France Très Haut Débit a élaboré une convention cadre de fibrage du parc d’immeubles de l’habitat social, qui représente plus de 4,6 millions de logements en France.

Aucune obligation réglementaire n’est en revanche prévue pour les maisons individuelles. Or elles représentent la moitié des 33 millions de logements en France et 60 % des constructions neuves sur dix ans. Pour leurs propriétaires, le cas est le plus simple et aussi le plus compliqué… Chaque propriétaire peut faire seul le choix de son opérateur mais, seul, il doit aussi le convaincre de l’intérêt d’un investissement dont les retombées commerciales seront limitées.

Dans un guide pratique, l’Arcep conseille aux propriétaires de maisons individuelles de prévoir un fourreau supplémentaire pour la fibre même si la zone n’est pas encore équipée. Ce qui évitera de nouveaux travaux quand elle le sera.

 

Dans les immeubles, c’est aux propriétaires ou co-propriétaires comme aux bailleurs sociaux de faire le choix d’un « opérateur d’immeuble ». Ce dernier doit se plier au principe de la plus stricte neutralité technologique, en laissant la possibilité aux autres opérateurs de se raccorder au point de mutualisation, qui peut se trouver dans l’immeuble ou à sa proximité, dans la rue.

Pour en savoir davantage sur les marches à suivre, voici des liens en fonction de votre situation: pour les immeubles neufs (habitation et mixtes), pour les locaux professionnels neufs  et pour les propriétaires de maisons individuelles.

 

Conclusion

Quels que soient les réseaux, l’important est de favoriser l’accès au THD pour permettre les usages innovants

 Interview Pierre Louette, Directeur général délégué du groupe Orange


Dossier Aménagement du territoire : Interview… par parolesdelus

Les usages rendus aujourd’hui possibles par le numérique plaident pour une couverture totale du territoire. Sur le principe de l’égalité de chacun face à la technologie. Ils touchent en effet les loisirs mais aussi toutes les activités économiques.

Le surf plaisir, c’est la transmission instantanée des données (24 secondes pour télécharger 100 photos quand avec l’ADSL, il faut 4 minutes avec 10 Mbit/s et 40 avec 1 Mbit/s). Avec le développement des services de vidéos à la demande (VOD), le très haut débit, c’est la possibilité de posséder « chez soi » ou plutôt « pour soi », sans stockage, une médiathèque de films et de chansons infinie. Même idée grâce au cloud qui offre une flexibilité (les données sont accessibles à partir de n’importe quel appareil connecté) et des économies, car il n’est plus nécessaire d’investir dans plusieurs disques durs pour les conserver. La fibre permet une récupération immédiate de ces données, comme si elles étaient stockées sur un disque dur. e très haut débit dans la maison accompagne aussi le développement de la domotique et du contrôle à distance de l’électro-ménager connecté.

Pour l’usager des services publics, il lève aussi les obstacles à l’e-administration.

Les collectivités ont été les premières, dans la sphère publique, à œuvrer pour que soit apporté partout le très haut débit. La facilitation de leurs rapports avec leurs administrés n’en est pas la seule raison. Pour l’attractivité de leur territoire, le THD est vital. Les applications qui en découlent améliorent la gestion au quotidien des services publics, comme le démontrent les expériences de collectes optimisées des ordures ménagères.

Observer les activités passant par le numérique offre aux collectivités des gisements d’information leur permettant d’adapter l’offre de leurs territoires au plus près des besoins et désirs des usagers. Flux Vision Tourisme propose l’analyse de la fréquentation des territoires et du déplacement des populations. Pour les acteurs publics, de telles données sont précieuses pour la gestion des flux de visiteurs, pour l’organisation d’événements et la mise en œuvre de la sécurité publique lors de ces derniers. 

Les avantages sont similaires pour les activités économiques. Le très haut débit est la garantie du télétravail efficace (visio-conférence, outils bureautiques accessibles) et rend possible l’implantation d’entreprises dans des zones longtemps délaissées sur le plan économique. La réalité augmentée, dont la consécration tiendra à une couverture mobile efficiente, offre un champ d’applications démesuré aux commerces et fournisseurs de services. Et les métiers de demain s’inventent en partant de ce postulat : « Demain, tous connectés ».

Enfin, en réponse aux défis du vieillissement de la population et de la désertification médicale, le très haut débit crédibilise la solution de la télémédecine.

Quand on observe la place prise par les technologies numériques, essentiellement liées à Internet, ces vingt dernières années, le vertige n’est pas loin. Et la promesse de la décennie à venir est bien plus grande encore.

 

 

Glossaire

amplificateur : Nœud optique au niveau duquel la fibre s’arrête, généralement une armoire de rue ou un boitier dans la cave d’un immeuble.

Arcep : Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, autorité administrative indépendante chargée de réguler les communications électroniques et les postes.

données IP : données codées selon un Internet Protocol (IP), qui permet aux appareils d’échanger entre eux ces données.

e-gouvernement/e-administration : utilisation des technologies numériques par les administrations publiques, afin de rendre les services publics plus accessibles à leurs usagers et à améliorer leur fonctionnement interne.

éligibilité : capacité de débit d’une prise d’accès à Internet.

FTTH : « fiber to the home », soit la fibre optique amenée jusqu’au domicile de l’usager.

IRL : « in the real life », dans la vie réelle (en opposition à la virtualité du numérique).

Mbits/s : point de mutualisation : endroit où se connectent les fibres optiques des différents abonnées et les celles des opérateurs commerciaux.

triple play : offre commerciale d’un opérateur proposant un service de téléphonie fixe, une diffusion des programmes de télévision et un accès à Internet.

xDSL : terme générique pour décrire l’ensemble des technologies DSL (Digital Subscriber Line ou ligne numérique d’abonné) de communication de données numériques disponibles actuellement sur le marché (ADSL, HDLS, SDSL, VDSL, etc.)

 

 

Mis à jour le 23 novembre 2016

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