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La rentrée 2018 sera-t-elle numérique ?

03 septembre 2018

Plus de 12 millions d’élèves font leur rentrée aujourd’hui. L’occasion pour Paroles d’élus de revenir sur les annonces faites par le Ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer le 21 août dernier à Ax-les-Thermes dans l’Ariège, lors de l’université d’été de l’éducation numérique, Ludovia. Au programme de cette nouvelle année scolaire : meilleure protection des données des élèves, création de nouvelles matières, aide aux territoires ruraux ainsi que plusieurs expérimentations.

Le Ministre de l’Education, bien que féru de nouvelles technologies et d’intelligence artificielle, s’était jusqu’à présent très peu exprimé sur le sujet. On se souvient que lors du précédent quinquennat un plan d’un milliard d’euros avait été annoncé afin d’accélérer l’équipement des collégiens en ordinateurs portables. Aujourd’hui, pour le Ministre « L’approche est clairement différente. Le but n’est pas d’arroser tout le pays de tablettes. Nous sommes faces à des enjeux d’abord et avant tout qualitatifs ».

Que comprendre par cet adjectif ? La stratégie de transformation numérique de l’école doit pour le ministre reposer sur deux principes : « le numérique au service des apprentissages » d’un côté et « la protection des données personnelles » de l’autre. Le ministre a ainsi insisté sur l’urgence de « transmettre des compétences numériques à tous les élèves grâce à des enseignements renforcés » telle que de l’initiation au codage dès l’école primaire et de l’intégration de ce dernier dans le cadre des cours de mathématiques et de technologie au collège.

Côté lycée, la réforme du baccalauréat et du lycée créera un « enseignement de sciences numériques et technologie en seconde » d’1 h 30 par semaine à compter de la rentrée scolaire 2019 ainsi qu’un « enseignement de spécialité numérique et sciences informatiques » en première. Les élèves, d’ici 2020, y consacreront tout de même près de 6 h par semaine.

L’enjeu est aussi pour le Ministre de « créer un nouveau cadre de confiance pour la protection des données. Les données numériques récoltées doivent être protégées et utilisées au service de la réussite de tous ». Ainsi, Jean-Michel Blanquer a annoncé la nomination de l’inspecteur général Gilles Braun en tant que délégué à la protection des données au niveau national. Il aura la mission avec les Directions de la programmation et du développement de « sensibiliser, d’informer et de conseiller les responsables des traitements, notamment les chefs d’établissements et les directeurs académiques, mais aussi et plus largement de veiller au respect du cadre légal relatif aux données personnelles ». Parallèlement, « un code de conduite » ainsi que différentes formations pour les enseignants permettront à l’éducation numérique d’être à la hauteur des enjeux de protection des données scolaires numériques.

Confiance et protection, c’est aussi au nom de ces deux principes que le Ministre justifie l’interdiction des téléphones portables à l’école et au collège. Comme l’a rappelé Jean-Michel Blanquer, « le numérique n’est pas une fin en soi, c’est un outil dont on ne doit ignorer ni les bons ni les mauvais aspects ».

Mais qu’en est-il des investissements nécessaires pour équiper les établissements ? Sur ce point, le ministère précise qu’outre les crédits budgétaires, deux actions nouvelles intitulées « Innovation numérique pour l’excellence éducative » et « Territoires d’innovation pédagogique » seront financées dans le cadre du Programme gouvernemental d’Investissements d’Avenir (PIA). Ils comprendront par exemple l’Initiative Écoles numériques innovantes et ruralité. L’Etat cofinancera environ 150 projets (concernant environ 800 écoles)  pour un budget d’environ 4 millions d’euros. Une 2nde vague de cofinancements destinée aux communes de moins de 2 000 habitants avec un budget de 20 millions d’euros sera également lancée. Le Ministre mise également sur l’intelligence artificielle. Un partenariat d’innovation verra le jour dans les prochains mois. Près de 8 millions d’euros seront ainsi débloqués.

Si certains semblent déjà regretter l’absence d’un plan d’investissement « ambitieux », les moyens semblent néanmoins avoir été mobilisés pour permettre une meilleure inclusion, favoriser la créativité et permettre un usage raisonné des outils numériques.

 

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