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La France compte sur le numérique pour garantir l’indépendance alimentaire

04 mai 2017

Afin d’interroger les agriculteurs et professionnels du secteur sur les besoins et opportunités liés au numérique, l’IRSTEA vient de lancer un sondage. Ce dernier s’inscrit dans un projet plus vaste de portail dédié aux données agricoles. Grâce à l’ensemble des données récoltées, ce portail verra le jour d’ici fin 2017. Une fois de plus, la maîtrise des Data est un enjeu stratégique essentiel…

En agriculture, comme dans les autres secteurs économiques, pouvoir mesurer, collecter et traiter les données est déjà un enjeu important. Les grands groupes industriels tout comme les GAFA d’ailleurs, ont déjà montré leur intérêt pour l’agriculture. L’ensemble de la chaîne, de la collecte de données à la vente de produits accompagnés de services est concerné. Cette appétence financière n’est pas sans soulever un certain nombre d’inquiétudes quant à l’indépendance de nos agriculteurs et à l’autonomie alimentaire de notre pays.

Conscient qu’il était urgent de prendre la main sur ce sujet en dotant la profession agricole d’un outil efficace et indépendant, les ministres de l’agriculture, de l’enseignement supérieur et de la recherche et du numérique et de l’innovation ont confié en 2015 une mission d’étude  à Jean-Marc Bournigal, président de l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea).

Cette dernière, rendue en janvier 2017 à Stéphane Le Foll et Axelle Lemaire, vise à mettre en place un portail de données agricoles au service d’une agriculture à la fois connectée et durable. La stratégie d’innovation ouverte qu’elle propose “permet d’opposer à la puissance de grands opérateurs la multiplicité et l’agilité de petites sociétés dans un écosystème dans lequel concurrence et synergies seront favorisées.”       

Concrètement, l’objectif de ce portail, baptisé AgGate, est double. Tout d’abord de faciliter l’accès à “des données d’intérêt, de différentes natures et interconnectables, issues du secteur public et du secteur privé”. L’accès devrait permettre d’accélérer les processus de développement de connaissances et donc de services. D’autre part, le portail et ses données seront essentiels pour développer de nouveaux outils pour les agriculteurs d’aide à la décision.

Pour les auteurs du rapport, si le cœur du portail est “le guichet unique pour accéder aux données d’intérêt”, d’autres fonctionnalités susceptibles d’intéresser la profession ont été identifiées à commencer par ce que l’on pourrait appeler un “Magasin Numérique”. Cet espace pourrait offrir des outils simples de traitement (statistiques, géostatistiques) ou de présentation des données ainsi que des référentiels par région, par secteur, par type d’exploitation”. Le tout sera bien évidemment gratuit. La mission propose aussi de créer un « Cloud Agriculteurs » pour héberger les données professionnelles des agriculteurs  ainsi qu’un  “espace d’échanges” entre acteurs de la profession agricole, pour “partager les expériences, les savoir-faire et idées dans “une dynamique d’innovation”. Enfin, la plateforme devrait comporter une “Vitrine d’outils d’Aide à la Décision” afin de présenter et d’évaluer les outils et services existants sur le marché.                   

Outre les besoins d’anonymisation et de sécurité, le rapport précise également que l’animation du portail, initiative unique au monde pour favoriser l’innovation ouverte au service de l’agriculture,    sera capitale pour créer la confiance et générer du trafic. Aussi, pour identifier au mieux les besoins numériques des agriculteurs et acteurs agricoles, l’Irstea, lance un sondage dédié jusqu’au 10 mai. Les avis récoltés permettront d’établir une liste de défis qui sera présentée à Montpellier le 1er et 2 juillet lors du “#DigitAg Challenge 2017”. Ce hackathon, sorte de marathon réunissant hackers, développeurs informatiques, entrepreneurs et étudiants donnera 48 heures aux participants pour inventer des services numériques répondant aux besoins exprimés.

Tous les professionnels peuvent exprimer jusqu’à 3 besoins “auxquels pourraient être associé un service numérique”  via une application ou un logiciel dans des domaines aussi larges que les pratiques culturales, le suivi de l’élevage, l’utilisation optimisée du matériel, la gestion des risques ou la simplification administrative. A noter que six pôles de compétitivité (Agri Sud-Ouest Innovation, Céréales, Vallée, Qualiméditerranée, Qualitropic, Terralia, Vegepolys) sont associés à ce projet.

Avec la mise en place de AgGate souhaite accélérer le progrès numérique au service de l’agriculture. En attendant le lancement des premières applications prévu d’ici à fin 2017, vous pouvez retrouver l’ensemble du rapport de la mission ici.

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