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Internet des objets : la France en position d’avant-garde?

26 janvier 2017

Priorité du Plan “Industrie du futur” lancé en 2015, les enjeux de l’internet des objets sont au cœur des discussions. En effet, après le livre blanc de l’ARCEP en novembre dernier, les conclusions de la mission d’information sur les objets connectés viennent d’être rendues. Face à une concurrence mondiale, la France peut-elle prétendre à une position d’avant-garde dans la révolution de l’internet des objets ?

Evalués à 30 milliards selon Gartner en 2020, à 28 milliards par Etisalat, à 50 milliards selon Cisco et même à 80 milliards par iDATE,  s’il est difficile de prédire précisément leur nombre futur, on ne peut néanmoins ignorer la présence grandissante des objets connectés dans notre quotidien. L’an dernier,  la barre des 6,4 milliards d’objets connectés a été dépassée dans le monde. Pour Corinne Erhel et Laure de la Raudière, respectivement députée de la cinquième circonscription des Côtes-d’Armor et députée de la 3ᵉ circonscription d’Eure-et-Loir, tout l’enjeu de la mission d’information qui leur a été confiée est de montrer “comment même l’objet à la fonction la moins technologique, peut toutefois trouver une nouvelle valeur d’usage en se connectant. » Il est donc  question de développement économique mais aussi d’amélioration du quotidien.

Le rapport est articulé autour de trois défis prioritaires. Pour les députées, il est urgent de stimuler l’innovation en apportant des nouvelles réponses à la question du financement. La transition vers la 5G et l’adaptation des infrastructures est le second défi. Enfin, il faut accompagner les industries traditionnelles dans la transition numérique. En sus de “la modernisation de l’outil de production, il s’agit d’accompagner les entreprises dans la transformation de leurs modèles d’affaires, de leurs organisations, de leurs modes de conception et de commercialisation, dans un monde où les outils numériques font tomber la cloison entre industries et services.”

Corinne Erhel et Laure de la Raudière soulignent également plusieurs facteurs de risques à prendre en compte. La vulnérabilité des systèmes interconnectés est un point très important. Le risque de piratage ouvre la voie à de nouvelles menaces physique, liées à notre dépendance aux réseaux physiques que sont ceux des transports, de l’eau ou encore de l »électricité mais aussi à des atteintes à notre vie privée.  

Le rapport dresse également une série de 20 recommandations permettant de structurer le secteur IOT en France. Les élus voient par exemple dans les objets connectés, une occasion de développer une véritable stratégie e-santé de prévention à destination des populations fragiles. Les bracelets connectés peuvent inciter les utilisateurs à adopter de meilleurs comportements en favorisant davantage les activités physiques ou en les aidant à surveiller leur alimentation. Le rapport préconise, dans la mesure où de réelles économies peuvent être faites, d’imaginer une prise en charge au moins partielle par la Sécurité sociale.
Autre recommandation, les députées souhaitent encourager les opérateurs télécoms à déployer au plus vite des réseaux bas débit et à créer des partenariats avec les organisations agricoles .
De même, la commande publique pourrait servir de véritable levier pour renforcer et développer  les compétences françaises dans le domaine du Big Data.

Si “seulement 17 % des Français sont aujourd’hui équipés en objets connectés”, notre pays peut prétendre à une “position d’avant-garde dans la révolution de l’internet des objets” grâce à son expertise déjà remarquée dans le domaine de la valorisation des données mais aussi à son savoir-faire historique dans (celui) des réseaux. » Il est donc nécessaire « d’amplifier cette dynamique.”

Retrouvez l’ensemble du rapport ici

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