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Face à la pollution numérique, créativité et savoir-faire

27 octobre 2017

S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas dématérialiser avec le numérique, c’est la pollution. En effet d’ici 2 ans, si rien n’est fait, internet générera à lui seul plus d’émission de CO2 que tout le secteur aérien civil réuni. Pourquoi ? Tout simplement parce que les data center nécessaires sont extrêmement énergivores. Certains territoires se mobilisent et cherchent des solutions.

Et oui, on ne le réalise pas suffisamment mais chaque “clic” sur un moteur de recherche par exemple pollue notre planète, jusqu’à 7 grammes de CO2. Presque rien, me direz-vous peut-être, si on compare ce chiffre au kilo d’équivalent C02 émis toutes les 4 secondes par les voitures européennes. Pourtant, au niveau mondial, l’accumulation de CO2 produit par nos recherches Google et autres envoies de mails a généré cette année 2% des émissions totales de CO2 de la planète. Pire encore, elles devraient représenter 4% en 2022 ( le secteur aérien civil représente aujourd’hui 3% ).

Face à cette problématique croissante, des initiatives se multiplient dans nos collectivités. Nous vous avions déjà parlé l’an dernier, par exemple, de la start up Qarnot. En partenariat avec le Conseil Départemental de Gironde et le bailleur social Gironde Habitat, des appartements ont été équipés de radiateurs numériques qui concrètement, servent aussi de mini data centers délocalisés.

Cap aujourd’hui dans les Pays-de-la-Loire, plus précisément dans les sous-sol de la residence sociale Albert-Londres au nord de Nantes Nord. Vous y trouverez en tout et pour tout 36 serveurs informatiques fonctionnant 24h sur 24. La chaleur produite est suffisante pour chauffer l’eau des 40 appartements à plus de 45 degrés grâce à une huile caloporteuse, qui réchauffe un serpentin d’eau froide. Le complément pour atteindre 60°C est assuré par le gaz de ville. A l’origine de cette chaudière numérique, on trouve là encore un bailleur social, Nantes Métropole Habitat et une startup, Stimergy. Grâce à son système, une économie d’énergie d’environ 40% est réalisée soit presque 150 € de dépenses en moins par appartement.

Comme le souligne Johanna Rolland, Maire de et Présidente de : « Nantes a l’ambition d’être un territoire de référence sur le sujet de la transition énergétique (…) Nous voulons inventer la ville de demain et que l’innovation soit au service de la qualité de vie des habitants. » 

Autre initiative, non loin de là, dans la Communauté d’agglomération Saumur Val de Loire. Ici, on ne cherche pas tant à utiliser la chaleur des data center qu’à les refroidir… le plus naturellement possible. A l’initiative du Conseil Régional des Pays de la Loire, un consortium d’entreprises nationales baptisé Deep Data a créé le premier data center souterrain du monde dans une ancienne carrière de tuffeau. Près de 3 ans ont été nécessaire pour valider cette nouvelle génération de machine. Avec près de 20 mètres de pierre, la température ne dépasse guère 12°C été comme hiver. Contrairement à tous les autres data center de part le monde, il n’y a donc plus besoin de système de climatisation. La Communauté d’Agglomération Saumur Loire Développement et le Conseil départemental de Maine-et-Loire ont également contribué à ce projet.

En attendant que ce genre d’initiatives se multiplient, on peut déjà agir avec des réflexes simples. Comme le souligne l’Agence gouvernementale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), en limitant au maximum l’envoie de mails groupés, en privilégiant l’envoie de photos en basse résolution, en vidant la corbeille et enfin en luttant contre les spams, qui représentent à eux seuls 90% des mails, limitent notre impacte énergétique.

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