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Digital comme crésus ?

11 avril 2018

CRÉSUS, c’est l’acronyme de Chambre RÉgionale du SUrendettement Social. Née en Alsace, il y a déjà 36 ans, elle est présente aujourd’hui dans la quasi-totalité de la France  grâce à 134 antennes de proximité et plus de 500 bénévoles. Son but est d’accompagner les personnes en situation de surendettement ou de fragilité économique en les préservant de l’isolement. Aujourd’hui, elle se lance dans un nouvel outil digital. Explications.

Lasse de voir un énième rejet du projet de registre national des crédits à la consommation pour lequel CRÉSUS plaidait depuis longtemps, la fondation a décidé de changer son fusil d’épaule. Et elle compte aujourd’hui sur le digital pour trouver une réponse au problème de surendettement. Elle vient ainsi d’investir près de 3 millions d’euros dans le développement d’une plateforme internet d’accompagnement à la gestion budgétaire. Jean-Louis Kiehl, président de la fondation explique ainsi leur démarche : «  nous souhaitons mettre au point une application interactive, dotée de fonctionnalités innovantes, permettant au consommateur de maîtriser en temps réel sa situation budgétaire et financière. Ainsi, nous ferons toujours de la prévention, mais autrement ».

Cette application a déjà un nom, c’est BGV pour Budget à Grande Vitesse. Dans son Data lab Crésus, un nouvel incubateur installé en Alsace et spécialement conçu pour des start-up de l’économie sociale et solidaire, la fondation a pu développer et tester le prototype : il est très simple d’utilisation, agrège à la fois les comptes bancaires et est capable de prendre en compte les données tel que le loyer, les factures de gaz, d’électricité et autre charge.

Pour assurer le financement de l’appli BGV, la fondation peut compter sur le soutien de différents fonds d’investissement socialement responsable. En cas de réussite du programme, ces derniers pourront être remboursés par l’Etat.

L’originalité de cette application est de se baser sur ce qui reste pour vivre. BGV ne se concentre pas en effet sur le solde, mais sur l’argent réellement disponible « une fois toutes les charges et dépenses obligatoires payées (…) il permet en cinq minutes de savoir combien d’euros on peut dépenser quotidiennement ».

Pour y arriver, l’application aura recours à l’intelligence artificielle. Ainsi, il sera possible de«  simuler l’impact d’un projet de prêt sur le budget ». Elle intègre également une dimension pédagogique avec l’envoi d’alertes et la possibilité d’établir automatiquement des lettres de réclamation. Les utilisateurs pourront également calculer les aides auxquelles ils auraient le droit de prétendre, que ce soit les APL ou le RSA par exemple. Enfin, un coffre-fort numérique est également prévu pour garder à l’abri les différents documents utiles, le tout en ayant recours à la blockchain pour un maximum de sécurité.

Niveau calendrier, la fondation espère que l’application sera disponible au printemps 2019 mais dès septembre prochain, une version sera testée auprès de 200 000 utilisateurs. A suivre donc.

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