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Femmes Digitales, où êtes-vous ?

Le monde binaire du numérique serait-il réservé aux hommes ? En août dernier, le magazine Capital publiait dans un dossier sur la French Tech, une photo de famille des start-up françaises. L’absence de femmes y était tout aussi criante que décevante. La journée de la Femme Digitale, qui vient de se dérouler à la maison de la Radio, lutte justement contre cette surreprésentation masculine en démontrant que le leadership n’est pas seulement une affaire de testostérone…

Ada Lovelace, Betty Jennings, Fran Bilas, Ruth Lichterman, Kay McNulty ou encore Grace Hopper. Ces noms ne vous disent peut-être rien. Pourtant, il y a fort à parier que le numérique ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans ces femmes, preuve que ce domaine n’a pas toujours été un univers d’homme. A ceux qui l’interrogent sur les raisons qui l’ont poussé à organiser cet évènement, Delphine Rémy-Boutang, fondatrice de la journée de la femme digitale, répond sans détour : « Si l’on continue à ne montrer que des hommes à des postes clés, nous n’avons aucune chance d’augmenter la part des femmes. Il faut faire de la discrimination positive pour atteindre l’équilibre hommes-femmes ».

Car l’enjeu est bien celui-là. Les femmes sont moins nombreuses et occupent des postes moins médiatisés : si 38% des entrepreneurs sont des femmes, tous domaines confondus, ce chiffre chute brutalement à 11% dans le digital. A force de propager toujours et encore les mêmes stéréotypes, notre écosystème numérique se prive aujourd’hui de talents, faute d’incarnation suffisante. Selon l’Union européenne, le PIB européen augmentera en effet de neuf milliards d’euros par an dès lors que les femmes représenteront 50% des effectifs. Malheureusement, nous en sommes encore loin : lors du dernier forum de Davos, il a en effet été estimé qu’il faudrait 186 ans pour atteindre la parité dans le numérique.

Pour Delphine Rémy Boutang, le remède est pourtant simple : «  aujourd’hui,  il n’y a pas assez de « rôle model », or on ne peut pas être ce qu’on n’a pas vu. Plus il y aura de femmes dans le digital, plus d’autres pourront se dire qu’elles peuvent y aller ».

Pour cette 6ième édition, dont la thématique sonnait comme une devise, « For A Better World, le temps de l’action », près de quarante femmes dirigeants étaient présentes, occupant  chacune des postes importants dans des entreprises comme Cap Gemini, L’Oréal, La Redoute, Lenovo, Microsoft, Orange ou encore des créatrices de start-up. La journée de la femme digitale pouvait également compter sur une marraine de choix en la personne de Stéphane Pallez, P-DG du Groupe FDJ et fervente combattante de l’égalité femmes-hommes.

Pour médiatiser un peu plus le succès professionnel de l’une de ces femmes digitales, la journée s’est conclue par la remise du prix Margaret du nom de Margaret Hamilton, célèbre codeuse de la Nasa et pionnière de l’informatique moderne. Parmi les lauréats, on trouvait par exemple Claire Bretton, Co-fondatrice chez daco, Céline Bardet, Fondatrice de We Are Not Weapons of War ou encore Lucie Basch, Co-fondatrice et Directrice de Too Good To Go. C’est justement cette dernière qui a été désignée  femme digitale entrepreneure et la femme digitale de l’année.

Valentin Goethals
Valentin
Goethals
auteur

Valentin Goethals, est le journaliste pivot de Paroles d'Elus. Correspondant des élus, associations et partenaires, il remonte les expériences terrain et les innovations venues des territoires. Valentin est également élu local, adjoint au Maire de St Lô adjoint en charge de la stratégie et du marketing territorial.

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